Le cheikh Sulaymân le Turkmène : cet illuminé qui avait coutume de s’asseoir sur son estrade dans le quartier des ʿUlabiyyîn ; auparavant il résidait à la Ṭahâra de Bâb al-Barîd. Il ne se gardait nullement des impuretés ni ne s’en préservait, n’accomplissait pas les prières prescrites et ne s’en souciait point. Pourtant, certains individus parmi le bas-peuple nourrissaient à son égard une croyance, selon l’habitude de cette masse ignare, suiveuse du premier charlatan venu parmi les exaltés et les aliénés ; ils prétendaient qu’il bénéficiait de dévoilements (kashf) et qu’il était un homme vertueux. Il fut inhumé à Bâb aṣ-Ṣaghîr un jour où la neige tombait en abondance.
Le jour de ʿArafa décéda la pieuse, dévote et ascète cheikha Umm Zaynab Fâṭima bint ʿAbbâs ibn Abî al-Fath ibn Muḥammad al-Baghdâdiyya, dans les faubourgs du Caire ; une foule immense assista à ses funérailles. Elle comptait parmi les savantes éminentes ; elle ordonnait le bien et interdisait le blâmable. Elle s’opposait aux Aḥmadiyya lorsqu’ils fraternisaient avec les femmes – et les adolescents imberbes – dénonçant leurs pratiques ainsi que les principes des gens de l’innovation et d’autres encore, accomplissant en cela ce dont les hommes eux-mêmes sont incapables. Elle assistait aux cours du cheikh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya et en tira ce bénéfice, entre autres. J’ai entendu le cheikh Taqî ad-Dîn faire son éloge, la qualifier de vertueuse et de savante, et rapporter qu’elle connaissait par cœur une grande partie, voire la majeure partie, de « al-Mughnî » ; aussi se préparait-il à ses visites en raison du grand nombre de ses questions, de la pertinence de ses interrogations et de la rapidité de sa compréhension. C’est elle qui fit achever la lecture du Coran à de nombreuses femmes, au nombre desquelles Umm ʿÂʾisha bint Ṣudayq, épouse du cheikh Jamâl ad-Dîn al-Mizzî. C’est encore elle qui enseigna le Livre à sa propre fille, mon épouse Amat ar-Raḥîm Zaynab – qu’Allah leur fasse miséricorde, les honore de Sa grâce et les admette au Paradis. Âmîn.
Puis entra l’an sept-cent-quinze de l’Hégire ; elle commença alors que les gouvernants du pays étaient ceux déjà mentionnés l’année précédente.
La prise de Malatya : Le lundi, premier jour de Muḥarram, Sayf ad-Dîn Tankiz marcha à la tête des armées en direction de Malatya, et