Il l’exila et lui interdit désormais la parole et la délivrance de fatwas, en raison de son audace et de sa précipitation à vouer les gens à l’apostasie et à les faire mettre à mort, attitude dictée par l’ignorance qui le poussait à ces excès et à d’autres.
Le vendredi, premier jour de Ṣafar, Ibn al-Zamlakānī donna lecture d’un décret sultanien sur la tribune, en présence du vice-roi et du juge. Le texte ordonnait l’abrogation de la ferme fiscale des fabricants d’arcs, de celle des cordiers et d’autres taxes similaires ; la foule invoqua alors les bénédictions pour le sultan.
Vers la fin de Rabīʿ al-Awwal, les juges se réunirent dans la grande mosquée pour examiner la situation des témoins. Ils interdirent à ces derniers de siéger dans les mosquées, de cumuler deux charges, d’authentifier des écrits, de percevoir un salaire pour la déposition des témoignages, de médire de quiconque, et les exhortèrent à l’équité dans leur subsistance. Ils tinrent une seconde séance pour le même motif et fixèrent une troisième rencontre, mais celle-ci ne se réalisa pas et nul ne renonça à son poste.
Le mercredi vingt-cinq du même mois, un conseil fut tenu dans la demeure d’Ibn Ṣaṣrā au sujet de Badr al-Dīn Ibn Buṣkhān. On critiqua chez lui certains aspects des lectures coraniques, si bien qu’il s’engagea à cesser totalement son enseignement. Quelques jours plus tard, il sollicita l’autorisation de reprendre ; permission lui fut accordée. Il s’assit alors entre ẓuhr et ʿaṣr dans la mosquée, où son cercle redevint habituel.
Au milieu de Rajab, le vice-gouverneur d’Alep, l’émir Sayf al-Dīn Sūdī, décéda et fut inhumé dans son mausolée. On lui substitua ʿAlāʾ al-Dīn Alṭunbughā al-Ṣāliḥī, auparavant grand chambellan en Égypte, avant cette vice-royauté.
Le neuf de Shaʿbān, le noble sharîf Sharaf al-Dīn ibn ʿAdnān reçut l’investiture de la charge de naqīb al-ashrāf à la suite de son père Amīn al-Dīn Jaʿfar, décédé le mois précédent.
Le cinq de Shawwāl fut inhumé le roi Shams al-Dīn Dhūbāj, fils de Malikshāh ibn Rustam, souverain de Gîlân, dans son mausolée réputé au flanc du Qâsiyûn. Il avait projeté d’accomplir le pèlerinage cette année-là ; mais, arrivé à Qubâqib, la mort le surprit le samedi vingt-six Ramadan. On transporta sa dépouille à Damas, où l’on célébra la prière funéraire avant de l’ensevelir dans ce mausolée, acquis et achevé pour lui à cet effet.