Le vénérable shaykh, maître-lecteur, Shams ad-Dîn al-Maqsâṭî : il s’agit d’Abû Bakr ibn ‘Umar ibn al-Mushayyi‘ al-Jazrî, connu sous le nom d’al-Maqsâṭî, suppléant du khatîb. Il faisait réciter aux gens les sept lectures canoniques du Coran ainsi que d’autres variantes réputées irrégulières. Il possédait en outre des notions de grammaire et se distinguait par sa piété et son assiduité.
Il décéda dans la nuit du samedi vingt-et-un jumâdâ al-âkhirah et fut inhumé le lendemain au pied du Qâsiyûn, en face du ribât an-Nâṣirî, ayant dépassé l’âge de quatre-vingts ans – qu’Allah lui fasse miséricorde.
[Arriva ensuite l’année quatorze et sept cents (714 H)]
L’année commença et les gouvernants demeurèrent les mêmes que l’année précédente, à l’exception du vizir Amîn al-Mulk dont la charge revint à Badr ad-Dîn at-Turkumânî.
Le 4 muḥarram, aš-Ṣâḥib Shams ad-Dîn ibn Ghabriyâl revint d’Égypte pour reprendre la surveillance des diwâns, et ses proches sortirent à sa rencontre.
Le vendredi 10 muḥarram, on lut du haut de la tribune royale, en présence du vice-sultan, des juges et des émirs, un décret du sultan ordonnant la remise des arriérés d’impôts depuis l’année 698 H jusqu’à la fin de l’année 713 H. Les invocations en faveur du sultan redoublèrent. Le lecteur était Ǧamâl ad-Dîn ibn al-Qalânsî et le héraut, Ṣadr ad-Dîn ibn Ṣabîḥ, le muezzin.
Le vendredi suivant, on lut un autre rescrit prescrivant la libération des détenus et stipulant qu’il ne serait perçu de chacun qu’un demi-dirham ; puis un second rescrit abolissant la corvée imposée aux paysans dans les cas de confiscation et autres. Ce texte fut lu par Ibn az-Zamlakânî et proclamé, pour lui, par Amîn ad-Dîn Muḥammad ibn Muʾadhdhin an-Naǧîbî.
Au cours du même mois de muḥarram, le sultan fit comparaître devant lui le juriste Nûr ad-Dîn ‘Alî al-Bakrî, résolu à le mettre à mort. Les émirs intercédèrent alors en sa faveur ; il fut exilé et interdit de toute parole en matière de fatwâ et de science. [Il s’était auparavant enfui lorsque l’on avait réclamé son arrestation à l’instigation du shaykh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya ; il se cacha et bénéficia déjà d’intercessions. Lorsque le sultan le captura cette fois et voulut l’exécuter, les émirs plaidèrent de nouveau pour lui.]