Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Au début du mois de Ramadân, les Tatars atteignirent ar-Raḥba qu’ils assiégèrent pendant vingt jours. Le gouverneur de la place, l’émir Badr ad-Dîn Mûsâ al-Azdaqshî (1), leur livra cinq jours durant un combat acharné et les en repoussa. Rachîd ad-Dawla conseilla alors aux habitants de se rendre au service du sultan Khurbanda, de lui présenter un présent et de solliciter son pardon. Le qâḍî Najm ad-Dîn Isḥâq se rendit donc auprès de lui, portant cinq chevaux de race et dix charges de sucre. Le sultan accepta l’offrande et se retira vers ses terres.

Les contrées d’Alep, de Ḥamâh et de Ḥimṣ avaient été désertées et la plupart de leurs lieux ruinés ; on y retourna lorsqu’on eut la certitude que les Tatars avaient quitté ar-Raḥba. Les nouvelles furent alors favorables, les cœurs s’apaisèrent, les tambours de la bonne annonce résonnèrent, les imams cessèrent d’observer le qunût, et le prédicateur évoqua, le jour de la « ‘Îd », cette grâce divine. Les causes du retrait tatar furent la rareté du fourrage, la cherté des denrées et de nombreux décès (2) ; Rachîd et Jûbân (3) avaient conseillé à leur sultan de se replier.

Le huitième de Shawwâl, on battit les tambours de l’allégresse à Damas – suite au départ du sultan d’Égypte pour affronter les Tatars (4). Le convoi s’ébranla à la mi-Shawwâl sous la conduite de Ḥusâm ad-Dîn Lâjin le Jeune, alors gouverneur du « Barrage ». Les armées égyptiennes arrivèrent par détachements (5). Le sultan fit son entrée à Damas le mardi vingt-trois Shawwâl (6) ; la population célébra son arrivée, il descendit à la Citadelle, la ville fut parée, les tambours de la victoire retentirent (7). Deux nuits plus tard (8) il gagna le palais, accomplit la prière du vendredi dans la maqsûra du grand-mosquée, revêtit le prédicateur d’un habit d’honneur, tint audience à la Dâr al-‘Adl le lundi, et son vizir Amîn al-Mulk arriva le mardi vingt du mois.

Accompagnait le sultan le shaykh, imâm, savant, érudit Taqiyy ad-Dîn Abû al-‘Abbâs Aḥmad Ibn Taymiyya, qui parvint à Damas le mercredi, premier jour de Dhû al-Qi‘da. Il s’en était absenté sept ans. Deux de ses frères et un groupe de ses disciples l’accompagnaient. Une foule considérable sortit à sa rencontre, se réjouit de son arrivée, de sa bonne santé et de sa vue ; tant et si bien qu’un grand nombre de femmes vinrent également le contempler (9). Le sultan l’avait fait venir d’Égypte et Ibn Taymiyya était sorti avec lui, nourrissant l’intention du jihâd. Lorsqu’il fut avéré qu’aucune expédition n’aurait lieu et que les Tatars étaient retournés en leur pays (10), il quitta l’armée à Ghazza, visita al-Quds, y demeura quelques jours, puis se rendit à ‘Ajlûn.

(1) Il s'agit de Mūsā ibn Abī Bakr al-Azdakshī : il s'illustra dans la lutte contre les Tatars, il mourut en l'an 715 de l'Hégire à Damas. Voir ad-Durar al-Kāmina (4/384). (2) Dans l'édition Ṭ : « parmi eux ». Dans l'édition B : « des Tatars et l'arrivée du juge et de ses compagnons demandant la clémence durant le mois de Ramadan ». (3) Ce sont des auxiliaires de Kharbanda. (4) N’est pas présent dans l'édition B ; l’idée est liée à la nouvelle concernant la sortie du sultan vers le Cham. (5) « Al-Arsāl » (les envois) : pluriel de « rasl », désignant la foule et le troupeau de toute chose. (6) N’est pas présent dans l'édition Ṭ. (7) Dans l'édition Ṭ : « wa ḍuribat » (et elle fut frappée). (8) Dans l'édition Ṭ : « laylatidhin » (cette nuit-là). (9) N’est pas présent dans l'édition B. (10) N’est pas présent dans l'édition B.
وفي أوّل رمضانَ وصل التتر إلى الرَّحبَة فحاصروها عِشرينَ يومًا، وقاتلهم نائبُها الأميرُ بدر الدين موسى الأزدكشي (١) خمسة أيام قتالًا عظيمًا، ومنعهم منها، فأَشار رشيدُ الدَّولة بأن ينزلوا إلى خدمة السُّلطان خَرْبَنْدا ويهدوا له هدية ويطلبون منه العفو، فنزل القاضي نجم الدِّين إسحاق، وأدوا له خمسةَ رؤوس خيلٍ، وعَشْرَةَ أباليجَ سُكَّرٍ، فقبل ذلك ورجع إلى بلاده. وكانت بلاد حلب وحماة وحمص قد أُخْلُوْا منها وخرب أكثرها، ثم رجعوا إليها لما تحقّقوا رجوع التتر عن الرَّحبة، وطابت الأخبار وسكنت النفوس ودقت البشائر وتركت الأئمة القُنُوتَ، وخطب الخطيبُ يومَ العيد وذكَّر الناس بهذه النعمة. وكان سبب رجوع التتر قلةُ العلف وغلاء الأسعار وموت كثير (٢) ، وأشار على سُلطانهم بالرُّجوع الرَّشيدُ وجُوْبان (٣) . وفي ثامن شوَّال دُقّت البشائر بدمشقَ [بسبب خروج السُّلطان من مصرَ لأجل ملاقاة التَّتَر] (٤) ، وخرج الرَّكبُ في نصفِ شوَّال وأميرُهم حسام الدين لاجين الصَّغير، الذي كان واليَ البر، وقدمت العساكر المصرية أرسالًا (٥) ، وكان قدوم السّلطان ودخوله دمشق يوم الثلاثاء (٦) ثالث عشرين شوال، واحتفل الناس لدخوله ونزل القلعة وزُيّنت البلد ودُقَّت (٧) البشائر، ثم انتقل بعدَ لَيْلَتين (٨) إلى القصر وصلّى الجمعة بالجامع بالمقصورة وخَلع على الخطيب، وجلس في دار العدل يوم الإثنين، وقدم وزيره أَمينُ الملك يوم الثلاثاء عشرين الشهر. وقدم صحبةَ السُّلطان الشيخ الامام العالم العلَّامة تقيُّ الدين أبو العبَّاس أحمد بن تيمية إلى دمشقَ يوم الأربعاء مُسْتهل ذي القعدة، وكانت غيبتُه عنها سبعَ سنين، ومعه أخواه وجماعةٌ من أصحابه، وخرج خلقٌ كثير لتلقيه وسرُّوا بقدومه وعافيته ورؤيته، [واستبشروا به حتى خرج خلقٌ من النِّساء أيضًا لرؤيته] (٩) ، وقد كان السُّلطان صحبه معه من مصرَ، فخرج معه بنيَّة الغَزَاة، فلمَّا تحقَق عدمُ الغزاة [وأن التتر رجعوا إلى بلادهم] (١٠) فارق الجيشَ من غزَّة وزار القدس وأقام به أيامًا، ثم سافر على عَجْلُون
(١) هو: موسى بن أبي بكر الأزدكشي: كانت له اليد البيضاء في قتال التتر، مات سنة (٧١٥ هـ) بدمشق. الدرر الكامنة (٤/ ٣٨٤). (٢) في ط: منهم. وفي ب: من التتار ونزول القاضي ومن معه يطلبون العفو في شهر رمضان. (٣) هما من أعوان خَرْبَنْدا. (٤) ليست في ب، والذي: لمجيء الخبر بخروج السلطان إلى الشام. (٥) "الأرسال": ج رَسَل، وهو الجماعة والقطيع من كل شيء. (٦) ليست في ط. (٧) في ط: وضربت. (٨) في ط: ليلتئذٍ. (٩) ليست في ب. (١٠) ليست في ب.

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