Fakhr ad-Dîn, secrétaire des Mamelouks, reprit son poste, Qutb ad-Dîn, fils du Shaykh de Salamiya, continuant également à l’exercer conjointement avec lui.
Au cours de ce même mois, le shaykh Muḥammad b. Qawwâm, accompagné d’un groupe de pieux, se dressa contre Ibn Nahra al-Maghribî, lequel prêchait à al-Kallâsa. Ils rédigèrent à son encontre un procès-verbal attestant qu’il avait fait preuve d’irrévérence envers le Muṣḥaf et qu’il tenait des propos déplacés au sujet des gens de science. Conduit à la Dâr al-ʿAdl, il se soumit ; son sang fut épargné, mais il reçut une correction sévère et exemplaire : on le fit défiler dans toute la cité, intra- et extra-muros, tête découverte, le visage retourné et le dos fustigé, tandis qu’on proclamait : « Voici le châtiment de celui qui parle de la science sans connaissance. » Emprisonné puis relâché, il s’enfuit au Caire, revint ensuite par le courrier d’État durant Shaʿbân et retomba dans ses travers.
Au cours de la même période, Bahâdur-Âṣ arriva à Damas en provenance de la vice-royauté de Ṣafad, et la population le félicita.
On reçut également un rescrit du sultan interdisant de conférer une charge moyennant argent ou corruption, car cela conduit à l’investiture de qui n’en est pas digne. Le texte fut lu par Ibn az-Zamlakânî depuis la tribune (as-Suddah) et relayé par Ibn Ṣabîḥ, le muezzin. L’initiative en revenait au shaykh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya — qu’Allah lui fasse miséricorde.
En Rajab et en Shaʿbân, la population de Damas connut l’effroi en apprenant que les Tatars s’étaient mis en mouvement pour venir en Syrie. Les gens prirent peur, nombre d’entre eux reculèrent vers l’intérieur de la ville et les portes furent bondées, surtout durant Ramaḍân. Les rumeurs se multiplièrent affirmant qu’ils étaient déjà parvenus à ar-Raḥba. Il se dit également que tout cela avait été fomenté sur l’instigation de Qarâsunqur et de ses proches – Allah est plus savant.
Durant Ramaḍân, arriva un autre décret du sultan stipulant que, lorsqu’un meurtre est commis, nul autre que l’assassin n’en portera la responsabilité ; on poursuivra le coupable afin d’appliquer sur lui la loi du Qiṣâṣ conformément à la Sharîʿa. Ibn az-Zamlakânî en fit la lecture sur la tribune en présence du vice-roi Tannkiz ; là encore, l’instigateur en était Ibn Taymiyya, qui avait demandé ce décret comme le précédent.