Ils se réunirent tous et rejoignirent Qarâsunqur, qui se trouvait alors auprès de Mahannâ. Ils écrivirent ensuite au sultan et marchèrent en direction des Tatars, cherchant ainsi refuge contre le feu ardent dans un brasier plus intense.
Au mois de Ṣafar, un courrier exprès arriva, ordonnant la saisie des biens d’al-Afram, de Qarâsunqur, d’Azdamur le Zardakâsh et de tout ce qui leur appartenait. La nouvelle de Mahannâ fut coupée, et l’on nomma à sa place, à l’émirat, son frère Faḍl. Les troupes, accompagnées d’Arghūn, revinrent alors des provinces du Nord, et les gens furent envahis d’inquiétude, de chagrin et de tristesse à cause de Qarâsunqur et de ses partisans.
L’émir Sūdī arriva d’Égypte pour prendre la vice-royauté d’Alep ; il passa par Damas, et la population ainsi que l’armée sortirent à sa rencontre, assistèrent au banquet officiel, puis l’on lut le décret du sultan réclamant la présence de Jamâl ad-Dîn, vice-roi de Damas, au Caire. Celui-ci se mit en selle aussitôt et partit en courrier pour l’Égypte, évoquant la question de sa vice-royauté en raison de l’absence de Qaralâjîn.
Ce même jour, on demanda également à Quṭb ad-Dîn Mūsâ ibn Shaykh as-Salamiyya, inspecteur de l’armée, de se rendre en Égypte ; il quitta la ville en fin de journée et fut nommé là-bas à l’inspection de l’armée à la place de Fakhr ad-Dîn al-Kâtib, secrétaire des mamelouks, destitué, frappé d’amende et dépouillé de ses immenses biens le 10 Rabîʿ al-Awwal.
Le 11 du même mois, le poste de juge des Ḥanbalites en Égypte fut confié au qâḍî Taqî ad-Dîn Aḥmad ibn al-ʿIzz ʿUmar ibn ʿAbd Allâh ibn ʿUmar ibn ʿAwadh al-Maqdisî, petit-fils de Shaykh Shams ad-Dîn ibn al-ʿImâd, premier des juges ḥanbalites.
L’émir Sayf ad-Dîn Tamur arriva ensuite pour occuper la vice-royauté de Tripoli en remplacement d’al-Afram, lequel avait fui chez les Tatars.
Au mois de Rabîʿ ath-Thânî, on arrêta Beybars al-ʿAlâ’î, vice-roi de Ḥimṣ, Beybars al-Majnûn, Ṭawkân, ainsi que six autres émirs, tous en une seule journée ; ils furent aussitôt expédiés à la citadelle d’al-Karâk pour y être incarcérés.
Durant cette même période, le vice-roi d’Égypte, l’émir Rukn ad-Dîn Beybars ad-Dawâdâr al-Manṣūrî, fut arrêté, et l’on nomma à sa place Arghūn ad-Dawâdâr.