« Je ne descendrai pas ici à présent », déclara-t-il, puis il s’achemina à cheval vers le Qaṣr al-Ablaq, précédé des émirs ; la khuṭba du vendredi fut alors prononcée en son nom.
À l’aube du samedi 22 du mois, l’émir Ǧamāl ad-Dīn Āquš al-Afram, vice-roi de Damas, arriva dans une attitude d’obéissance envers le sultan : il baisa le sol devant lui. Le sultan mit pied à terre pour l’accueillir, l’honora et l’autorisa à reprendre sa charge de vice-roi comme à l’accoutumée. La population se réjouit de la soumission d’al-Afram. Le même jour parvinrent également l’émir Sayf ad-Dīn Qabǧaq, vice-roi de Ḥamāt, et l’émir Sayf ad-Dīn Asandamur, vice-roi de Ṭarābulus, le lundi 24 Šaʿbān ; les habitants sortirent à leur rencontre et le sultan les reçut comme il avait reçu al-Afram.
Ce même jour, le sultan ordonna que la charge de qāḍī des Ḥanbalites fût rendue à Taqī ad-Dīn Sulaymān. On le félicita ; il se rendit au palais pour saluer le sultan, puis gagna la Ǧawziyya où il exerça la fonction durant trois mois.
La seconde prière du vendredi se tint au Maydān ; y assistèrent le sultan, les qāḍīs à ses côtés, les plus grands émirs et dignitaires de l’État, ainsi qu’une foule nombreuse.
Ce jour-là encore, arriva auprès du sultan l’émir Qarāsunqur al-Manṣūrī, vice-roi d’Alep.
Le dahlīz du sultan quitta Damas le jeudi 4 Ramaḍān, accompagné des qāḍīs et des récitants à l’heure de lʿaṣr. La prière du vendredi 5 Ramaḍān se célébra également au Maydān. Puis le sultan sortit de Damas le mardi 9 Ramaḍān, escorté d’Ibn Ṣaṣrā, de Ṣadr ad-Dīn al-Ḥanafī – qāḍī des armées –, du khaṭīb Ǧalāl ad-Dīn, du shaykh Kamāl ad-Dīn Ibn az-Zamlakānī, des secrétaires, du Dīwān al-ǧayš et de l’ensemble de l’armée du Šām, rassemblée autour de lui depuis toutes ses villes et provinces avec leurs émirs.
Lorsque le sultan atteignit Ġazza, il y entra dans un apparat grandiose ; l’émir Sayf ad-Dīn Bahādur, accompagné d’un groupe d’émirs égyptiens, vint à sa rencontre et lui annonça qu’al-Malik al-Muẓaffar s’était démis du trône. Les émirs d’Égypte affluèrent ensuite l’un après l’autre pour confirmer la nouvelle ; le cœur des Syriens s’en trouva rasséréné, ils s’en réjouirent et les tambours des bonnes nouvelles retentirent, tandis que le courrier officiel relatant en détail les événements tardait à arriver.
Il advint, ce même jour de la fête, que le vice-khaṭīb, le shaykh Taqī ad-Dīn al-Ǧazarī, sortit