Sif ad-Dîn Bithkhâs (1), et, à la place de Bithkhâs, l’émir Jamâl ad-Dîn Âqûsh (2), qui occupait auparavant la fonction de vice-roi d’al-Karak. Le nom d’al-Muẓaffar fut alors prononcé au prône du vendredi sur les chaires de Damas et d’autres villes. [Le vice-sultan al-Afram assista à la cérémonie, de même que les juges ; les robes d’honneur ainsi que le décret d’investiture du vice-sultan parvinrent le dix-neuvième de Dhû al-Qaʿda] (3).
Le secrétaire d’État, le qâḍî Muḥy ad-Dîn Ibn Faḍl Allâh (4), donna lecture, au palais et en présence des émirs – tous revêtus de leurs robes d’apparat –, du décret d’investiture du vice-sultan. Al-Muẓaffar monta ensuite à cheval, portant la robe d’honneur noire califale et le turban rond, tandis que les hauts dignitaires marchaient devant lui, également revêtus de leurs robes, le samedi 7 Dhû al-Qaʿda. Le grand ministre Ḍiyâʾ ad-Dîn an-Nashây (5) tenait dans une bourse de satin noir le décret conférant la sultanat, émanant du calife.
Son exorde était : « En vérité, il vient de Sulaymân, et il est : Au Nom d’Allâh, le Tout-Clément, le Très-Miséricordieux » (an-Naml, 30).
On rapporte qu’au Caire furent distribuées près de mille robes d’honneur, auxquelles s’ajoutèrent deux cents autres ; ce fut un jour mémorable. [Il se réjouit de cette dignité pendant quelques jours seulement, tout comme son shaykh et al-Manbijî, puis Allâh leur retira promptement Sa faveur] (6).
Cette même année, Ibn Jamâʿah (7) prononça le sermon dans la citadelle, et le shaykh ʿAlâʾ ad-Dîn al-Qûnawî (8) prit en charge l’enseignement à la madrasa ash-Sharîfiyya (9).
Parmi les notables décédés cette année-là : le shaykh vertueux ʿUthmân al-Halabûnî (10), originaire de la Haute-Égypte ; il demeura quelque temps au village de Halabûn et dans d’autres localités
(1) Dans l'édition de Binkhās, ainsi que dans al-Durar al-Kāmina (1/472). Ce qui est dans al-Nujūm al-Zāhira (8/232) : Binkhās concorde avec ce qui est dans A.
Il s'agit de Binkhās al-Mansūrī, originaire de al-Raḥba, qui fut ensuite parmi les émirs de Damas, puis nommé à Safed en 679 H. Il retourna au Caire où il fut nommé émir au début du sultanat de Baybars, fut emprisonné après sa révolte contre al-Nāṣir, et mourut en prison à al-Karak en 711 H.
(2) Jamāl al-Dīn Aqūsh al-Rūmī al-Mansūrī, fut l'un des émirs de l'avant-garde du temps d'al-Nāṣir, et lorsque al-Muẓaffar Baybars s'installa au pouvoir, il servit dans son entourage. Ses mamelouks le trahirent et le tuèrent sournoisement en 709 H. Ce personnage est différent de celui mentionné récemment et il sera évoqué dans les « Wafayāt » pour l'année 709 H.
(3) N'est pas dans B.
(4) Il s'agit de Yaḥyā b. Faḍl Allāh, qui navigua dans la rédaction du «Sirr» entre Damas et Le Caire, il sera mentionné dans les « Wafayāt » de l'année 738 H.
(5) Dans T. et A. : an-Nasā'ī. Nous avons retenu ce qui est dans B., Bada'i‘ al-Zuhūr (1/423).
(6) N'est pas dans B.
(7) Il s'agit de Muḥammad b. Ibrāhīm b. Sa‘d.
(8) Il s'agit de ‘Alī b. Ismā‘īl b. Yūsuf al-Qūnawī, qui sera mentionné dans les « Wafayāt » de l'année 729 H.
(9) Située dans le quartier des étrangers, mentionnée par al-Nu‘aymī dans al-Dāris (1/316), et Badrān dit dans Munādhamat al-Aṭlāl (p. 109) : il ne reste aucun vestige ni trace de cette école.
(10) Sa biographie est dans al-Durar al-Kāmina (2/442) où il est dit qu’il mourut à Baalbek, et dans al-Shadharāt (6/16), dont ce qui y est dit concorde avec ce qui est ici.
Je dis : à Barzā se trouve une tombe connue sous le nom de « tombe du cheikh ‘Uthmān », et à Ma‘raba il y a un maqām portant ce nom ; il est probable qu’il y ait cherché refuge pour se reposer lors de ses voyages entre Halbūn et Damas, dans les deux sens.