Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Une foule considérable – plus nombreuse que les jours précédents – se rassembla, comptant parmi elle le juriste Najm ad-Dîn Ibn ar-Rif‘a (1), ‘Alâ’ ad-Dîn at-Tâjî, Fakhr ad-Dîn Ibn bint Abî Sa‘d, ‘Izz ad-Dîn an-Namrâwî, Shams ad-Dîn Ibn ‘Adnân, ainsi qu’un groupe de fuqahâ’. On requit la présence des juges, mais ceux-ci s’excusèrent par divers prétextes : certains alléguèrent la maladie, d’autres d’autres raisons, conscients de l’ampleur du savoir et des preuves qu’Ibn Taymiyya détenait, et du fait qu’aucun des présents ne pourrait lui tenir tête. Le vice-sultan accepta donc leurs excuses et ne les contraignit pas à assister, bien que le sultan eût ordonné leur présence ou, à défaut, la clôture pacifique de la séance. Le shaykh passa la nuit chez le vice-sultan.

L’émir Husâm ad-Dîn Muhannâ vint ensuite, souhaitant emmener le shaykh Taqî ad-Dîn avec lui à Damas, mais Salar recommanda de maintenir le shaykh en Égypte auprès de lui, afin que les gens puissent constater son mérite et sa science, bénéficier de ses enseignements et étudier auprès de lui.

Le shaykh rédigea ensuite une lettre à destination de la Syrie relatant les événements qui lui étaient survenus (3).

(1) Dans l'édition N : Najm ad-Dīn ibn ar-Rafʿa, c'est-à-dire Ahmad ibn Muhammad ibn ʿAli ibn ar-Rifʿa. Il sera mentionné dans les décès de l'année 710 de l'Hégire. (2) Dans l'édition B : à Madda en Égypte. (3) Dans l'édition (A) on trouve un ajout qui semble clairement ne pas être de la plume de l'auteur lui-même, mais nous l'avons toutefois rapporté ici, d'abord parce que nous nous sommes appuyés sur ce manuscrit pour notre travail, et ensuite pour son utilité. Ibn ʿAbd al-Hādī a dit : Madda fut son séjour dans al-Jabb pendant dix-huit mois. Lorsqu'il partit, une grande foule le suivit, beaucoup se réjouirent profondément de son départ, tandis que d'autres s'en attristèrent et en furent accablés. Le sheikh imam Najm ad-Dīn Sulaymān ibn ʿAbd al-Qawī le loua par un poème dont voici un extrait : « Sois patient, car dans l'invisible Ce qui t'enrichit des ruses… Et toute difficulté, si tu persévères, Devient aisée. Tu ne manqueras point d'une solution au discours que tu lances : L'une des deux choses, sois-en certain pleinement : L'épuration d'un défaut pour rencontrer Dieu pur, Ou une épreuve qui te rapproche encore davantage. Ô Saʿd, nous espérons avoir en toi Un Saʿd et qu'à tes ennemis tu sois un appui. Et si un groupe est blessé par le Tout-Miséricordieux à cause de toi, Il fait du tort à ceux qui aiment et sont aimés. Ô famille de Taimiyya, nobles de rang Et de position qui frappe les cieux en éclatant, Vous êtes les joyaux de l'univers, mais cependant Parmi une assemblée dont la raison est déficiente. Ils ne reconnaissent point vos mérites même s'ils raisonnent, Ils auraient fermé pour vous les paupières sur des demeures. Ô toi qui renfermes des sciences que ne purent saisir Les anciens depuis l'origine jusqu'à maintenant, Si tu es éprouvé par les ignobles des hommes, Leur ignorance s'élève contre toi malgré les gens de la vertu. Ou par l'arrogance d'un injuste, ou un juge séduit Par l'amour de leur monde manifeste une fraude. Ils ne prétendent pas que Dieu soit leur moindre bien, Et ne craignent point le jour de la confrontation ardente. Je jure par l'islam ma croyance, Et je suis de ceux qui ont la foi avec conviction. Je n'ai rencontré personne avant toi dont je me sois réjoui intérieurement, En vérité, il n'y eut jamais d'homme aussi parfait. » En de nombreux vers, il loue le sheikh et dénonce ses ennemis. Ibn ʿAbd al-Hādī et d'autres ont rapporté : Le vendredi, le sheikh Taqī ad-Dīn pria à la mosquée d'al-Ḥākim, et une grande foule se réunit autour de lui. Un des présents lui demanda de prononcer quelques paroles à leur entendre, mais il ne parla pas, se contentant de sourire. Alors un homme lui dit : « “Et quand Allah prit l'engagement de ceux à qui le Livre fut donné : « Vous leur expliquerez clairement [le message] et ne le cacherez point » [al-ʿImrān : 187] » Il se leva debout et commença son sermon.
خلقٌ كثيرٌ، أكثر من كل يوم، منهم الفقيه نجم الدين بن الرِّفعة (١) وعلاء الدين التاجي، وفخر الدين ابن بنت أبي سعد، وعز الدين النَّمْراوي، وشمس الدين بن عَدْنان وجماعةٌ من الفقهاء، وطلبوا القضاةَ فاعتذروا بأعذار، بعضهم بالمرض، وبعضهم بغيره، لمعرفتهم بما ابن تيمية منطوٍ عليه من العُلُوم والأدلَّة، وأن أحدًا من الحاضرين لا يُطيقه، فقبل عذرَهم نائب السلطنة ولم يكلِّفهم الحضور بعد أن رسم السلطان بحضورهم أو بفَصْل المجلس على خيرٍ، وبات الشيخُ عند نائب السَّلطنة، وجاء الأمير حسام الدين مُهَنَّا يريد أن يستصحب الشيخ تقي الدين معه إلى دمشق، فأشار سلَّار بإقامة الشيخ (٢) بمصرَ عنده ليرى النَّاسُ فضلَه وعلْمَه، وينتفع الناس به ويشتغلوا عليه. وكتب الشَّيخ كتابًا إلى الشام يتضمَّنُ ما وقع له من الأمور (٣) .
(١) في ط: نجم الدين بن الرفع. وهو أحمد بن محمد بن علي بن الرِّفعة. وسيأتي في وفيات سنة (٧١٠ هـ). (٢) في ب: مدَّةً بمصر. (٣) في (أ) زيادة يبدو جليًا أنها ليست من كتابة المصنف (رحمه الله) ، ولكن أوردناها هنا لاعتمادنا على هذه النسخة الخطية في عملنا أولًا، ولفائدتها ثانيًا. قال ابن عبد الهادي: وكان مدَّة مقامه في الجبّ ثمانية عشر شهرًا، فلما خرج خرجَ خلق كثير بخروجه، وسرّوا سرورًا عظيمًا، وحزن لخروجه آخرون، وضاقت صدورهم، وامتدحه الشيخ الإمام نجم الدّين سليمان بن عبد القوي بقصيدة منها: فاصبر ففي الغيب ما يُغنيك عن حيل … وكلُّ صعب إذا صابرتَه هانا ولست تعدم من خطب رميت به … إحدى اثنتين فأيقن ذاك إيقانا تمحيصِ ذنبٍ لتَلْفى الله خالصَه … أو امتحانٍ به تزداد قربانا يا سعد إنا لنرجو أن يكون لنا … سعدًا ومرعاك للأعداء سعدانا وإن يضرّ بك الرحمن طائفة … آذت وينفع [من] بالودِّ والانا يا آل تيمية العالين مرتبةً … ومَنْصبًا قرَع الأفلاك تبيانا جواهر الكون أنتم، غير أنّكمُ … في معشر أُشربوا في العقل نقصانا لا يعرفون لكم فضلًا ولو عقلوا … لصيَّروا لكم الأجفان أوطانا يا من حوى من علوم الخلق ما قصرت … عنه الأوائل مذ كانوا إلى الآنا إن تُبتلي بلئام الناس يرفعهم … عليك جهل لأهل الفضل قد حانا أو جاه ظالم، او قاض قد افتتنوا … بحب دنياهمُ يبدون بهتانا لا يدّعون أقلّ الله خيرهمُ … ولا يخافون يوم العرض نيرانا إني لأقسم والإسلام معتقدي … وإنني من ذوي الإيمان إيمانا لم ألق قبلك إنسانًا أُسرُّ به … فلا برحت لعين المجد إنسانا في أبيات كثيرة، يمدح فيها الشيخ ويذم أعداءه. وقال ابن عبد الهادي وغيره: وفي يوم الجمعة صلّى الشيخ تقي الدّين في جامع الحاكم، وجلس فاجتمع عليه خلق عظيم، فسأله بعض الحاضرين أن يتكلم بشيء يسمعونه منه، فلم يتكلم بل تبسَّم، فقال له رجل: ﴿وَإِذْ أَخَذَ اللَّهُ مِيثَاقَ الَّذِينَ أُوتُوا الْكِتَابَ لَتُبَيِّنُنَّهُ لِلنَّاسِ وَلَا تَكْتُمُونَهُ﴾ [آل عمران: ١٨٧] فنهض قائمًا، وابتدأ خطبة =

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