auprès de l’État et de son groupe. Il était de très haute taille, la tête entièrement rasée, et laissa des biens ainsi que des enfants.
L’émir Fâris ad-Dîn ar-Rawâdî (1) : Il décéda durant la dernière décade du mois de Ramadan. Quelques jours avant sa mort, il vit le Prophète (que la prière et la paix de Dieu soient sur lui) qui lui dit : « Tu es absous », ou quelque chose de semblable. Il appartenait aux émirs de Ḥusâm sous l’autorité de Lâjîn.
Le cheikh exemplaire et ascète Abou ‘Abdallah Ibn Muṭraf : Il s’éteignit à La Mecque durant le mois de Ramadan, où il avait séjourné pendant soixante ans. Chaque jour et chaque nuit, il accomplissait cinquante circumambulations (ṭawâf) autour de la Ka‘ba. Il mourut à l’âge de quatre-vingt-dix ans — qu’Allah lui fasse miséricorde — (2).
Le cheikh ascète et prédicateur de Damas, Shams ad-Dîn (3) : Il s’agit de Muḥammad, fils du cheikh Aḥmad Ibn ‘Uthmân al-Khalâṭî, imam de la mosquée al-Kallâs (4). C’était un cheikh à l’apparence agréable, très pieux et doué d’un grand calme et d’une grande dignité. Il exerça la fonction d’imam à la mosquée al-Kallâs pendant près de quarante ans, puis on l’appela à occuper la fonction de prédicateur à la Grande Mosquée de Damas, sans qu’il l’eût demandée. Il y officia durant six mois et demi et s’en acquitta avec brio. Il se distinguait par une belle voix, un timbre harmonieux et une connaissance de l’art musical, tout en témoignant d’une foi sincère et d’une assiduité dans l’adoration. Il avait également entendu et transmis des hadiths.
Il mourut subitement dans la demeure de la khitâba (maison du prêche), le mercredi 8 Shawwâl, à l’âge de soixante-deux ans. La prière funéraire fut célébrée pour lui à la Grande Mosquée, bondée de fidèles, puis de nouveau au Sûq al-Khayl, en présence du vice-sultan, des émirs et de la population. Les marchés furent fermés, puis son corps fut porté jusqu’au flanc du mont Qâsiyûn — qu’Allah lui fasse miséricorde —.
[Puis vint l’an 707 de l’Hégire]
L’année débuta alors que le calife en fonction était al-Musta’kfi bi-llâh, fils du souverain abbasside, et que le sultan était al-Malik an-Nâṣir Muḥammad Ibn Qalâwûn. Ses gouverneurs et ses juges en Égypte et dans les provinces syriennes étaient ceux déjà mentionnés. Cependant, le prédicateur de Damas se nommait Jalâl ad-Dîn al-Qazwînî (5), et le cheikh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya était détenu dans la forteresse de la Citadelle de la Montagne au Caire (6). Au début du mois de Muḥarram, le sultan al-Malik an-Nâṣir se mit en colère contre l’émir Sallâr (7) et al-Jâshankîr (8). Il refusa d’apposer la marque (du sultan), ferma la citadelle et s’y retrancha. Les deux émirs restèrent confinés chez eux. Un groupe d’autres émirs se rassembla contre eux, puis ils furent assiégés.