Il vit le jour vers la fin de l’an 613 de l’Hégire. Sa première séance d’audition eut lieu, à Alexandrie, en 632. Il entendit de nombreux ḥadiths auprès des maîtres, voyagea, parcourut les contrées, acquit le savoir, l’assembla et le conserva avec soin. Cependant, jamais il ne le retint ni ne se montra avare ; bien au contraire, il le prodigua, composa des ouvrages et répandit la science. Il occupa plusieurs charges dans les provinces d’Égypte et les gens tirèrent grand profit de lui.
Il réunit un « Muʿjam de ses maîtres » qu’il avait rencontrés en Syrie, au Ḥijāz, dans la Jazīra, en Irak et en Égypte ; ceux-ci dépassaient le nombre de mille trois cents shaykhs. L’ouvrage, en deux volumes(1), est fort ample. On lui doit également « Les Quarante ḥadiths aux chaînes de transmission variées » et d’autres traités. Il composa un livre très utile sur « La Prière médiane », un autre — fort pertinent et inédit jusque-là — sur « Le jeûne des six jours de Shawwāl », un traité intitulé « Le rappel et la glorification d’Allah après les prières », ainsi qu’un ouvrage nommé « La consolation et l’allégresse par la récompense réservée à celui qui voit mourir un enfant en bas âge »(2), outre bien d’autres opuscules d’un grand intérêt.
Il continua à transmettre le ḥadith jusqu’à ce que la mort le surprît ; il jeûnait alors et se trouvait en pleine séance de dictée(3). Pris d’un malaise, on le transporta chez lui où il rendit l’âme sur-le-champ, le dimanche 10 Dhū l-Qaʿda, au Caire(4).
Le lendemain, on procéda à son inhumation au cimetière de Bāb an-Naṣr ; ses funérailles furent très suivies. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
[Ensuite commença l’an 706 H.]
Le croissant fut aperçu(5) alors que les détenteurs de charges restaient ceux mentionnés l’année précédente et que le shaykh Taqī ad-Dīn Ibn Taymiyya était toujours emprisonné dans la citerne de la citadelle du Jabal.
[Quant au prédicateur de Damas, Burhān ad-Dīn al-Fazārī, il succéda à son oncle, le shaykh Sharaf ad-Dīn(– qu'Allah lui fasse miséricorde –), comme il a été signalé. Convoqué une seconde fois à cette fonction, il se la vit imposer. Or, lorsque arriva le mois de Ṣafar, le shaykh Kamāl ad-Dīn aš-Šīrāzī prit la madrasa al-Bādarīya ; dès lors, le shaykh Burhān ad-Dīn se démit de la khaṭāba, et son école lui fut rendue](6).
Le mercredi suivant, un courrier arriva, apportant la nomination à la chaire du shaykh Šams ad-Dīn, imām de la Kollāsa(7). C’était au mois de Rabīʿ al-Awwal. On le félicita pour cette charge ; il manifesta toutefois de la répugnance et se déclara trop faible pour l’assumer. Faute de présence du vice-sultan, parti à la chasse, il ne put entrer en fonction aussitôt. Lorsque celui-ci revint, il lui en donna l’autorisation ; il officia donc le vendredi 20 du mois : la première prière qu’il dirigea fut la Ṣalāt aṣ-Ṣubḥ, ce même vendredi, puis on le revêtit de l’habit d’investiture et il prononça le sermon ce jour-là.
Le mercredi 18 Rabīʿ al-Awwal, il prit enfin en charge la vice-justice à la place du qāḍī Najm ad-Dīn Aḥmad ibn