et qu’ils ôtent les colliers de fer de leurs cous, tandis que quiconque s’écarterait du Livre et de la Sunna verrait son cou frappé. Le Cheikh composa un fascicule sur la ṭarīqa des Aḥmadiyya, où il exposa leurs états, leurs voies, leurs imaginations, ainsi que ce que comporte leur méthode d’acceptable et de rejeté à la lumière du Livre et de la Sunna. Par son entremise, Allah fit triompher la Sunna et éteignit leur innovation ; à Lui la louange et le bienfait.
Au cours de la seconde décade de ce mois, des robes d’honneur furent conférées à Jalâl ad-Dîn Ibn Maʿbad, ʿIzz ad-Dîn Khaṭṭâb et Sayf ad-Dîn Baktamar, mamlouk de Baktâsh al-Ḥusâmî, avec le titre d’émir. Ils revêtirent les insignes, montèrent à cheval et on leur confia le Jabal al-Jurd, le Kesrouan et la plaine de la Béqaa.
Le jeudi 3 Rajab, la population sortit pour la prière rogatoire sur l’esplanade d’al-Mizzah. On y érigea une chaire, et le vice-roi, les juges, les savants et les démunis y participèrent. Le spectacle était impressionnant et le sermon remarquablement éloquent ; ils implorèrent la pluie, mais ne furent pas exaucés ce jour-là.
Le lundi 8 Rajab, les juges et les savants – parmi lesquels le Cheikh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya – se réunirent auprès du vice-roi, au palais. On y lut l’ʿAqîda al-Wâsiṭiyya du Cheikh ; certains passages firent l’objet de débats, et d’autres furent renvoyés au second conseil.
Ils se rassemblèrent de nouveau le vendredi, après la prière, le 12 du même mois. Le Cheikh Ṣafî ad-Dîn al-Hindî assista à la séance et engagea une longue discussion avec le Cheikh Taqî ad-Dîn – mais son modeste ruisseau se heurta à un océan. Il fut alors convenu que le Cheikh Kamâl ad-Dîn Ibn az-Zamlakânî mènerait la controverse sans aucune complaisance. Les deux hommes débattirent ; les présents louèrent les qualités du Cheikh Kamâl ad-Dîn, la vivacité de son esprit et la finesse de son argumentation, lui qui sut tenir tête à Ibn Taymiyya et dialoguer avec lui. L’affaire se conclut par l’acceptation de la ʿaqîda, et le Cheikh regagna sa demeure honoré et respecté. Il m’a été rapporté que les gens du commun lui portèrent des flambeaux depuis la porte du palais jusqu’au quartier des Qassâʿîn, selon leur habitude dans ce genre d’occasion.