il ordonna ensuite que l’on lui rasât la tête – car il portait une abondante chevelure –, que l’on taillât ses ongles, qui étaient extrêmement longs, et que l’on raccourcît sa moustache tombant sur sa bouche, contraire à la Sunna. Il le fit également se repentir des propos obscènes qu’il tenait et de la consommation du haschisch et d’autres interdits qui altèrent la raison, ainsi que de tous les autres actes illicites.
Par la suite, le shaykh fit comparaître Muḥammad al-Khabbāz al-Bilāsī, qu’il contraignit également à se repentir de l’ingestion d’aliments interdits et de sa fréquentation des Gens protégés (ahl al-dhimma). Il lui fit rédiger un engagement écrit l’enjoignant à ne plus s’exprimer, que ce soit sur l’interprétation des rêves ou sur tout autre sujet, sans science véritable.
Au cours de ce même mois, le shaykh Taqiyy al-Dīn Ibn Taymiyya se rendit à la mosquée an-Nāranj. Il ordonna alors à ses disciples, accompagnés de tailleurs de pierre, d’abattre un rocher sis au bord du canal de Qulūṭ, rocher que l’on visitait et auquel on faisait vœu. Ils le mirent en pièces, soulageant ainsi les musulmans de cette pierre et du polythéisme qui y était associé. Il ôta des musulmans une ambiguïté dont le mal était immense. Pour cela – et pour d’autres actions similaires – on le jalousa et l’on manifesta à son égard hostilité et inimitié ; de même, pour les paroles par lesquelles il contredit Ibn ʿArabī et ses partisans. On l’envia donc et on s’acharna contre lui ; pourtant, aucune critique ne l’empêcha d’agir pour Allah, et il ne s’en soucia point. Ses adversaires ne purent lui nuire ; tout au plus le firent-ils incarcérer, alors qu’il ne cessa jamais d’enseigner, ni en Égypte ni en Syrie. Ils ne purent lui imputer aucune turpitude ; ils ne le saisirent et n’emprisonnèrent qu’au moyen de leur influence, comme il sera relaté. Vers Allah se fera le retour des créatures, et c’est à Lui qu’incombe leur compte.
En Rajab, le Qāḍī al-Quḍāt Najm al-Dīn Ibn Ṣaṣrā tint audience dans la grande madrasa ʿĀdiliyya. Des estrades furent installées après que l’édifice eut été restauré, car personne n’y avait siégé pour rendre jugement depuis la bataille de Qāzān en raison des destructions. Un décret fut alors émis en faveur du shaykh Burhān al-Dīn al-Fazārī pour l’administration du Bayt al-Māl, mais il refusa. Un autre décret nomma le shaykh Kamāl al-Dīn Ibn az-Zamlakānī à la surintendance du trésor : il accepta, reçut la robe d’honneur, et occupa son poste le vendredi suivant. Ces deux charges étaient auparavant assumées par Najm al-Dīn Ibn Abī ṭ-Ṭayyib, que la miséricorde d’Allah le couvre.
Au mois de Shaʿbān, un groupe s’employa à faire cesser l’illumination (al-waqīd) la nuit de la mi-Shaʿbān. Ils recueillirent des attestations écrites auprès des savants et plaidèrent leur cause auprès du vice-sultan, mais n’obtinrent aucun accord : les luminaires furent bel et bien allumés, et la prière spécifique à la nuit de la mi-Shaʿbān fut également accomplie.