Il était un cheikh vénérable, un homme de lettres, un poète et un excellent récitant, issu d’une famille de haut rang et de ministre. Il exerça la fonction de vizir à Damas pendant un temps, puis il séjourna un certain temps en Égypte. Il s’intéressait particulièrement aux sciences du hadith, à son audition et à son enseignement (1). Il laissa un ouvrage sur les noms des Compagnons pouvant être retrouvés dans les deux Sahîh, y intégrant certains de leurs hadiths dans deux grands volumes conservés à la madrasa an-Nâṣiriyya à Damas. Il avait de bonnes séances de transmission, précises quant au vocabulaire et au sens. L’historien Al-Ḥâfiẓ ad-Dimyâṭî transmit également de lui, et il fut le dernier des maîtres d’ad-Dimyâṭî à décéder.
Il mourut au Caire le vendredi vingt-et-unième jour de Rabîʿ al-Âkhir. Sa famille était originaire de Qaysâriyya (2).
Son grand-père, Muwaffaq ad-Dîn Abû al-Baqâ’ Khâlid (3), fut ministre de Nûr ad-Dîn le Martyr. Il comptait parmi les scribes reconnus pour leur maîtrise ; son style d’écriture était particulièrement soigné. Il mourut à l’époque de Ṣalâḥ ad-Dîn en l’an 588 de l’Hégire.
Son père, Muḥammad ibn Naṣr ibn Ṣaghîr (4), était né à ʿAkkâ (Acre) avant sa prise par les Francs, en l’an 478 de l’Hégire. Une fois la ville conquise, après l’an 490 (5) de l’Hégire, ils gagnèrent Ḥalab où ils résidèrent. Il fut un poète accompli, auteur d’un dīwân célèbre. Il possédait également une bonne connaissance de l’astronomie, de la science des astres et d’autres disciplines.
[Biographie du père – qu’Allah lui fasse miséricorde] (6)
Cette même année, mon père décéda. Il s’agit de l’orateur Shihâb ad-Dîn Abû Ḥafṣ ʿUmar ibn Kathîr ibn Ḍawʾ ibn Kathîr ibn Ḍawʾ ibn Dirʿ al-Qurashî, de la tribu des Banû Khuṣayla (7), qui revendiquent une filiation noble et possèdent à ce titre des documents généalogiques. Notre maître al-Mizzî en a consulté une partie, ce qui l’a ravi et réjoui, au point qu’il se mit à noter dans ma généalogie que j’étais Qurashî.
Il était originaire d’un village nommé Ash-Shirkawîn (8), à l’ouest de Buṣrâ, situé entre cette ville et Adhraʿât. Il y naquit autour de l’an 640 de l’Hégire, et entreprit l’étude du savoir chez ses oncles maternels, Banû ʿUqbah, à Buṣrâ. Il y étudia « al-Bidâyah » (9) selon le madhhab d’Abû Ḥanîfa et mémorisa « al-Jumal » d’Az-Zajjâjî.