Parmi les notables décédés au cours de cette année figurent :
• Le roi des Tatars, Ghâzân.
Le shaykh modèle, l’adorateur Abû Isḥâq Ibrâhîm b. Aḥmad b. Muḥammad [b. Maʿâlî b. Muḥammad] b. ʿAbd al-Karîm ar-Raqqî al-Ḥanbalî — qu’Allah Très-Haut lui fasse miséricorde — avait pour origine les contrées d’Orient ; il vit le jour à ar-Raqqah en l’an 647 de l’Hégire. Il se consacra à la science, acquit un solide bagage, entendit un certain nombre de ḥadiths, puis se rendit à Damas. Là, il s’établit, avec sa famille, dans la partie inférieure du minaret oriental, à proximité du lieu d’ablution de la Grande Mosquée. Il jouissait d’un grand respect aussi bien auprès des élites que du peuple : d’élocution limpide, assidu dans l’adoration, menant une vie austère, agréable en compagnie, délicat dans ses propos, assidu à la récitation du Coran, doté d’une orientation spirituelle vigoureuse, personnage d’exception. Il maîtrisait l’exégèse coranique, le ḥadith, le fiqh et les deux sciences fondamentales. Il laissa des ouvrages, des sermons ainsi que de beaux poèmes.
Il s’éteignit dans sa demeure dans la nuit du vendredi 15 Muḥarram ; la prière funéraire fut célébrée juste après la ṣalât du vendredi, puis il fut transporté à la tombe du shaykh Abû ʿUmar, au Sufaḥ. Les obsèques furent imposantes, — qu’Allah honore sa sépulture.
Au cours de ce même mois décéda également l’émir Zayn ad-Dîn Qarâjâ, surintendant de Dâr al-Afram ; il fut inhumé dans son mausolée, sur la place al-Ḥaṣâ, au bord du fleuve.
Le shaykh Shams ad-Dîn Muḥammad b. Ibrâhîm b. ʿAbd as-Salâm, connu sous le nom d’Ibn al-Ḥublâ, comptait parmi les meilleurs des hommes. Il se rendait fréquemment à ʿAkkâ, à l’époque où la ville était aux mains des Francs, afin d’œuvrer à la libération des captifs musulmans. Qu’Allah le rétribue généreusement, le délivre du Feu et l’introduise, par Sa miséricorde, au Paradis.
Le prédicateur Ḍiyâ’ ad-Dîn, Abû Muḥammad ʿAbd ar-Raḥmân — fils du prédicateur Jamâl ad-Dîn Abî al-Faraj ʿAbd al-Wahhâb b. ʿAlî b. Aḥmad b. ʿAqîl as-Sulamî — fut khatîb de Baalbek durant environ soixante ans, conjointement avec son père. Né en 614 de l’Hégire, il entendit beaucoup de ḥadiths et se distingua, à cet égard, du Qazwînî. C’était un homme émérite, de belle récitation, l’un des grands ʿudûl (témoins intègres). Il mourut dans la nuit du lundi 3 Ṣafar et fut inhumé près de Bâb Saṭḥâ.