Un mois, jour pour jour, plus tard survint le décès de :
– As-Ṣadr Kamâl ad-Dîn Ibn al-ʿAṭṭâr, rédacteur du dîwân des rescrits depuis quarante ans : Abû al-ʿAbbâs Aḥmad, fils d’Abî al-Fatḥ Maḥmûd, fils d’Abî al-Waḥsh Asad, fils de Salâma, fils de Salmân b. Fityân aš-Šaybânî. Il comptait parmi les meilleurs des hommes et les plus nobles de caractère. Il fut inhumé dans le mausolée familial « sous la Grotte » au flanc du mont Qâsiyûn. La population le regretta vivement en raison des bienfaits qu’il leur avait prodigués. Qu’Allâh Très-Haut lui fasse miséricorde.
– Al-Malik al-ʿĀdil Zayn ad-Dîn Katbughâ : il mourut à Ḥamâ où il exerçait la fonction de gouverneur après Ṣarḫad, un vendredi, jour de l’ʿÎd al-Aḍḥâ. Sa dépouille fut transférée dans son mausolée au pied du mont Qâsiyûn, à l’ouest du ribâṭ an-Nāṣirî — mausolée que l’on appelle al-ʿĀdiliyya, bel édifice pourvu de fenêtres, d’un portail et d’un minaret. Il l’avait doté de waqfs destinés à couvrir les appointements des fonctions de récitation coranique, d’appel à la prière, d’imâmât, etc. Issu de la haute aristocratie des émirs manṣûriens, il avait pris le pouvoir après l’assassinat d’al-Ašraf Ḫalîl fils d’al-Manṣûr. Lâjîn lui ravit ensuite la royauté et il demeura dans la citadelle de Damas, puis se retira à Ṣarḫad où il resta jusqu’au meurtre de Lâjîn et l’avènement d’al-Malik an-Nāṣir ibn Qalâwûn, lequel le nomma gouverneur de Ḥamâ, poste qu’il occupa jusqu’à son décès tel que nous l’avons relaté.
Il fut l’un des rois les plus vertueux, les plus justes et les plus bienfaisants, ainsi que l’un des émir-gouverneurs les plus émérites. Qu’Allâh lui fasse miséricorde.
Puis commença l’année 703 de l’Hégire ; elle débuta alors que les détenteurs des charges publiques étaient ceux déjà mentionnés pour l’année précédente.