dans l'Euphrate (1), en raison de l’obscurité, et par ce moyen Dieu dissipa une très grande affliction qui pesait lourdement sur les musulmans. À Lui soient la louange et la grâce.
Le sultan fit son entrée à Damas le mardi cinq Ramadan, précédé du calife. La ville fut alors parée, et chacune des communautés du vendredi, du samedi et du dimanche (2) s’en réjouit. Le sultan s’installa au palais al-Ablaq (3) et au Maydān, puis, le jeudi, il se rendit à la citadelle où il accomplit la prière du vendredi. Il offrit des robes d’honneur aux gouverneurs des provinces et leur ordonna de regagner leurs territoires. Dès lors, les esprits retrouvèrent la sérénité, le désespoir fut chassé et les cœurs se rassérénèrent.
Le sultan releva Ibn al-Naḥḥās de la gouvernance de la ville et désigna à sa place l’émir ‘Alā’ al-Dīn Aydaghdī (4), émir ‘Ilm. Il démit également Ṣārim al-Dīn Ibrāhīm (5), gouverneur du khāṣṣ, de la charge de la campagne, et le remplaça par l’émir Ḥusām al-Dīn Lājīn le Jeune (6). Puis le sultan rentra en terre égyptienne (7) le mardi trois Shawwāl, après avoir observé le jeûne de Ramadān et célébré la fête à Damas.
Les soufis demandèrent au vice-gouverneur de Damas, al-Afram, de leur nommer pour fonction de grand shaykh le shaykh Ṣafī al-Dīn al-Hindī. Celui-ci reçut l’autorisation d’entrer en charge le vendredi six Shawwāl, en remplacement de Nāṣir al-Dīn ibn ‘Abd al-Salām (8). Le sultan, quant à lui, arriva au Caire (9) le mardi vingt-trois Shawwāl. Ce fut un jour mémorable, et la capitale fut ornée pour l’occasion.
Cette même année eut lieu un violent tremblement de terre (10) le jeudi matin du vingt-troisième Dhū l-Ḥijja. Il toucha principalement les provinces égyptiennes : la mer s’agita, les navires se brisèrent, des maisons s’effondrèrent, et d’innombrables personnes périrent – Dieu seul connaît leur nombre. Les murs se fendirent, et l’on n’avait jamais vu pareille calamité en ces temps. Le séisme atteignit aussi la Syrie, mais avec moins de gravité [qu’ailleurs] (11).
Enfin, durant le mois de Dhū l-Ḥijja, le shaykh Abū l-Walīd Ibn al-Ḥājj al-Ishbīlī al-Mālikī (12) accéda à la fonction d’imam du miḥrāb dédié au rite mālikite dans la Grande Mosquée de Damas, après la mort du shaykh Shams al-Dīn Muḥammad al-Ṣanhājī.