Au mois de Rajab, les informations confirmèrent la détermination des Tatars à pénétrer au Bilâd ach-Châm. Les gens en furent bouleversés et leur effroi devint extrême ; le prêcheur introduisit le qunût dans les prières, on récita le Ṣaḥîḥ al-Bukhârî et la population commença à s’enfuir vers l’Égypte, le Karak et les places fortes inexpugnables. Le retard pris par l’arrivée des troupes égyptiennes à la date prévue ne fit qu’accroître la peur.
Durant ce même mois de Rajab, Najm ad-Dîn Ibn Abî aṭ-Ṭayyib fut nommé à la surintendance du Trésor en remplacement d’Amîn ad-Dîn Sulaymân.
Le samedi 3 Sha‘bân, le qâḍî Nāṣir ad-Dīn ‘Abd as-Salām, fils d’Ibn Jamâ‘ah, prit possession de la charge de Shaykh al-Shuyûkh ; jusqu’à cette date, Jamâl ad-Dîn az-Zura‘î en assumait l’intérim.
Le samedi 10 Sha‘bân, on fit retentir à la citadelle et aux portes des émirs les tambours de la bonne nouvelle : le sultan était parti d’Égypte, à la tête des armées, pour affronter les Tatars – qu’Allâh avilisse.
Ce même jour eut lieu la bataille de ‘Urḍ. Un groupe d’émirs musulmans – Asandamur, Bahâdur Âṣ, Kajakin et Gurlu al-‘Adalî, tous lames étincelantes au service de la religion – commandait mille cinq cents cavaliers. Ils se heurtèrent à sept mille combattants tatars. Le combat s’engagea, les musulmans tinrent bon avec une patience exemplaire ; Allâh leur accorda la victoire et humilia les Tatars. Un grand nombre d’ennemis furent tués, d’autres faits prisonniers ; le reste prit la fuite, et les musulmans s’emparèrent d’un butin considérable. Nos troupes revinrent saines et sauves, ne déplorant que la perte de quelques martyrs qu’Allâh a honorés. Une dépêche officielle fut publiée à ce sujet. Les captifs tatars furent amenés le jeudi 15 Sha‘bân, jour appelé « Jeudi des chrétiens ».
Prémices de la bataille de Shaqhab :
Le 18 [Sha‘bân], un premier contingent de l’armée égyptienne arriva, parmi lequel se trouvait l’émir Rukn ad-Dîn Baybars.