Les envoyés du roi des Tatars arrivèrent le dix-septième jour de Dhû l-Hijja ; ils descendirent à la Citadelle, puis se rendirent au Caire trois jours plus tard. Deux jours après leur départ, Arjoûach mourut ; deux jours après sa mort, l’armée revint du pays de Sîs, après y avoir conquis une partie du territoire. Le vice-sultan et l’armée sortirent à leur rencontre, et, selon l’usage, la population sortit pour assister au spectacle ; elle se réjouit de leur arrivée et de leur victoire.
Parmi les personnalités décédées au cours de cette année figure le Commandeur des croyants, le calife al-Hâkim bi-Amrillâh, Abû l-‘Abbâs Aḥmad ibn (ibn Abî ‘Alî ibn Abî Bakr ibn) al-Mustarshid Billâh al-Hâshimî al-‘Abbâsî al-Baghdâdî al-Miṣrî. Il fut investi du califat sous le règne du sultan az-Zâhir, au commencement de l’an 661 de l’Hégire, et accomplit ainsi quarante années de califat. Il décéda dans la nuit du vendredi 18 Jumâdâ al-’Ûlâ. La prière funéraire fut célébrée pour lui à l’heure de la ṣalât al-‘aṣr, au Marché aux Chevaux du Caire, en présence, à pied, de tous les notables et dignitaires de l’État. Il avait désigné pour lui succéder son fils mentionné plus haut, Abû r-Rabî‘ Sulaymân.
Le califat revint donc à al-Mustakfî Billâh, Commandeur des croyants, fils d’al-Hâkim bi-Amrillâh al-‘Abbâsî. Lorsque son père le désigna, l’acte d’investiture fut rédigé et lu en présence du sultan et des hauts dignitaires de l’État le dimanche 20 Dhû l-Hijja de la même année ; son nom fut proclamé dans la khuṭba sur les minbars d’Égypte et de Syrie, et les courriers apportèrent la nouvelle à l’ensemble des contrées islamiques.
Sont également décédés cette année-là : l’émir ‘Izz ad-Dîn Aibak ibn ‘Abd Allâh an-Najîbî, al-dawâdâr, gouverneur de Damas et l’un des émirs de la ṭabl-khâna. Sa conduite était louée, mais son mandat fut de courte durée ; il fut inhumé à Qâsiyûn.