Il s’agit d’un écrit forgé, comme l’attestent ses expressions maladroites, ses dates incohérentes et ses fautes grossières de langue. Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya les fit comparaître à ce sujet, leur démontra leurs erreurs et leurs mensonges, prouvant qu’il s’agissait d’un faux manifeste. Ils se résolurent alors à s’acquitter de la jizyah et craignirent qu’on ne leur réclame celles des années écoulées.
Je dis : j’ai moi-même consulté ce document ; j’y ai trouvé, entre autres, la signature de Sa‘d ibn Mu‘ādh datée de l’année de Khaybar alors que Sa‘d était déjà décédé, ainsi que le témoignage de Mu‘āwiya ibn Abî Sufyân alors qu’il n’était pas encore musulman – sa conversion n’étant intervenue qu’environ deux ans plus tard. On y lit encore : « Rédigé par ‘Alî ibn Abî Tâlib », avec un solécisme qu’Amîr al-Mu’minîn ‘Alî ne saurait commettre, lui à qui l’on rattache précisément la science de la grammaire par l’intermédiaire d’Abû al-Aswad ad-Du’alî. J’ai consacré à cette question un fascicule distinct où j’ai relaté ce qui se passa à l’époque du qâdî al-Mâwardî et des grands savants de notre école. Le sujet est mentionné dans le Ḥâwî, dans le Shâmil et dans d’autres ouvrages, où ses erreurs sont exposées – qu’Allah soit loué pour Sa grâce et Ses bienfaits.
Au cours de ce même mois, un groupe d’envieux se souleva contre le Shaykh Taqiyy ad-Dîn Ibn Taymiyya. Ils se plaignirent de ce qu’il appliquait les peines légales, infligeait des corrections et rasait la tête des garçons. Il saisit à son tour la justice contre ses détracteurs, démontra leur méprise, puis l’affaire se calma.
En Dhul-Qa‘dah, on fit retentir tambours et fanfares dans la citadelle de Damas, plusieurs jours durant, à l’annonce de la prise par force de certaines places du pays de Sîs, conquises par les musulmans – qu’Allah en soit loué.
Durant ce même mois, ‘Izz ad-Dîn ibn Mubashshir fut nommé à la tête des dîwâns en remplacement d’ibn Mazhar.
Le mardi 4 Dhul-Ḥijjah, ‘Abd as-Sayyid ibn al-Muhadhdhab, dayan (chef religieux) des Juifs, se présenta à la Dâr al-‘Adl avec ses fils ; ils embrassèrent tous l’Islam. Le vice-sultan les honora : il ordonna qu’on le fasse monter, revêtu d’une robe d’honneur, tandis que tambours et trompettes retentissaient derrière lui jusqu’à sa demeure. Cette nuit-là, on organisa une grande khatma à laquelle assistèrent juges et savants. Un grand nombre de Juifs se convertirent à l’Islam par son intermédiaire ; le jour de la fête, ils sortirent tous en proclamant le takbîr avec les musulmans, et les gens les comblèrent d’une considération particulière.