Le mardi, dixième jour de Rabîʿ al-Âkhir, le shaykh ʿAlî al-Hawrânî, portier de la Dâr al-Ẓâhiriyya, fut pendu devant son portail, après avoir avoué le meurtre du shaykh Zayn ad-Dîn as-Samarkandî.
Au milieu du même mois, le qâḍî Badr ad-Dîn Ibn Jamâʿa prit en charge la chaire d’enseignement de la Nâṣiriyya al-Jawwâniyya à la place de Kamâl ad-Dîn Ibn ach-Shurayshî, un procès-verbal ayant établi que cette madrasa relevait du juge shâfiʿite de Damas ; il la lui retira donc.
Le mardi vingt-neuvième de Jumâdâ al-Ula, le dignitaire ʿAlâʾ ad-Dîn ibn Sharaf ad-Dîn ibn al-Qalânsî parvint auprès de sa famille après deux années et quelques jours de captivité chez les Tatars. Emprisonné un temps, Allah lui accorda Sa grâce et Sa bienveillance, si bien qu’il se libéra et revint vers les siens, qui s’en réjouirent grandement.
Le sixième de Jumâdâ al-Âkhirah, un courrier arriva du Caire annonçant le décès de l’Amir des croyants, le calife ʿabbâsside al-Hâkim bi-Amrillâh, et l’accession de son fils Abû ar-Rabîʿ Sulaymân — intitulé al-Mustakfî billâh — au califat. On rapporta que toute la population assista à ses funérailles à pied ; il fut inhumé près de Sitt Nafîsa, après quarante années de règne.
Le même courrier apporta aussi des décrets nommant Shams ad-Dîn Ibn al-Ḥarîrî, de rite ḥanafite, au poste de juge, et confiant la direction des dîwâns à Sharaf ad-Dîn Ibn Mazhar.
Quant à la Khâtûniyya al-Jawwâniyya, elle demeura sous la tutelle du qâḍî Jalâl ad-Dîn Ibn Ḥusâm ad-Dîn, avec l’autorisation du vice-sultan.
Le vendredi neuvième de Jumâdâ al-Âkhirah, le khuṭba fut prononcé pour le calife al-Mustakfî billâh et l’on implora la miséricorde d’Allah pour son père dans la Grande Mosquée de Damas. La chaire de la Nâṣiriyya fut rendue à Ibn ach-Shurayshî — Ibn Jamâʿa en ayant été dépossédé — et celui-ci y donna cours le mercredi quatorzième du même mois.
Au mois de Shawwâl, un immense essaim de sauterelles envahit la Syrie : il dévora semences et fruits, dépouilla les arbres jusqu’à les laisser semblables à des bâtons ; on n’avait jamais vu pareille calamité.
Durant ce même mois, un conseil fut tenu au sujet des Juifs de Khaybar : on les soumit au paiement de la jizya, à l’instar des autres communautés juives. Ils produisirent alors un document qu’ils prétendaient provenir du Messager d’Allah — paix et bénédictions sur lui — exemptant leur groupe de cet impôt. Lorsque les fuqahâʾ l’examinèrent, ils reconnurent qu’il s’agissait d’un faux.