Avant lui, cette union de charges n’avait été accordée à nul autre – et il ne nous est pas parvenu qu’elle l’ait été à quiconque après lui jusqu’à notre époque : la magistrature suprême, la fonction de prédicateur du vendredi et celle de shaykh des shaykhs.
Le lundi vingt-quatre Rabîʿ al-Awwal, al-Fatḥ Aḥmad ibn al-Baqqaḳî fut mis à mort en Égypte. Le cadi Zayn ad-Dîn Ibn Makhlûf al-Mâlikî prononça son jugement après qu’il eut été établi, devant lui, qu’il avait porté atteinte à la Sharîʿa, raillé les versets parfaitement explicites et opposé les passages équivoques les uns aux autres. Il était rapporté qu’il déclarait licites les interdits – sodomie, vin et autres – au profit des débauchés, Turcs ou autres ignorants, qui le fréquentaient. Il possédait pourtant un certain savoir, s’adonnait à l’étude et présentait extérieurement une tenue et une apparence soignées.
Lorsqu’on l’amena à la fenêtre de la Dâr al-Ḥadîth al-Kâmiliyya, entre les deux palais, il sollicita l’appui du cadi Taqî ad-Dîn Ibn Daqîq al-ʿÎd et lui dit : « Que sais-tu de moi ? » Il répondit : « Je ne connais de toi que la science, mais ton affaire relève du cadi Zayn ad-Dîn. » Celui-ci ordonna alors au gouverneur de lui trancher la tête. On lui coupa donc la tête, que l’on promena ensuite dans la ville en proclamant : « Voilà la sanction de celui qui a blasphémé contre Allah et Son Messager. »
Al-Barzalî rapporte dans son « Târîkh » qu’au milieu du même mois de Rabîʿ al-Awwal parvint une lettre émanant du cadi de Ḥamâ. Il y faisait savoir que, ces jours-ci, il était tombé à Bârîn – dépendance de Ḥamâ – une grêle composée de gros grêlons ayant la forme d’animaux divers : fauves, serpents, scorpions, oiseaux, chèvres, ainsi que des figures de femmes et d’hommes ceints de leurs ceintures. Le phénomène fut dûment constaté en présence du cadi du district, puis l’attestation en fut transmise au cadi de Ḥamâ.
(1) Dans l'édition : « à la place de l'autre ».
(2) Le copiste a ajouté ici dans le texte : « J'ai dit : après la mort de l'auteur, un groupe parmi eux s'est réuni, dont Burhān al-Dīn ibn Jamāʿa, puis Sharaf al-Dīn, ʿAlāʾ al-Dīn ibn Abī al-Baqāʾ, Shihāb al-Dīn al-Bāʿūnī, et avant eux Ibn al-Qurashī Shihāb al-Dīn, Shams al-Dīn al-Ikhnāʾī, Shihāb al-Dīn ibn Ḥajjī, ainsi que d'autres qui ont assumé ces charges selon la voie de Badr al-Dīn ibn Jamāʿa. Il en est de même chez al-Dārimī (2/156). »
(3) Dans l'édition : « al-Thaqafī », ce qui est une altération ; ce que nous avons établi est la bonne lecture. Al-Dhahabī le mentionne dans « al-Mushtabah » en disant : « al-Thaqafī est fréquent, avec al-Muwaḥḥidah et Qāfīn : Majd al-Dīn … ibn al-Buqqī al-Ḥamawī … et son parent Fatḥ al-Dīn Aḥmad ibn al-Buqqī, tué pour hérésie en 701 H. » Voir aussi « Tabṣīr al-Muntabah » d'Ibn Ḥajar 1/228-229, et « Tawḍīḥ » d'Ibn Nāṣir al-Dīn 1/(Bashār).
(4) Dans l'édition : « taqnīṣuhu » (le diminuer).
(5) Dans l'édition : « fīhi » (dedans).
(6) « al-Kāmiliyya » : une mādīna (maison de hadith) en Égypte, construite par le sultan al-Kāmil al-Ayyūbī, Abū al-Maʿālī, décédé en 635 H. Sa biographie se trouve dans « Wafayāt al-Aʿyān » (5/81).
(7) Dans l'édition : « istighāth ». La biographie d'Ibn Daqīq al-ʿĪd viendra dans « Wafayāt » de l'année 702 H.
(8) Cette note est omise dans l'édition.
(9) ʿIlm al-Dīn al-Barzālī est al-Qāsim ibn Muḥammad, Ibn Kathīr cite son histoire qu'il a ajoutée à la chronique d'Abū Shāmah. Sa biographie sera publiée dans « Wafayāt » de 739 H. Son histoire est manuscrite, il en existe une copie à Istanbul, et le second tome a été édité par le Dr Maʿn Saʿdūn al-ʿĪfān qui y a obtenu son doctorat.
(10) Yāqūt a dit : « Le peuple dit : bʿarīn. C’est une belle ville située entre Ḥalab et Ḥamā à l'ouest. »
(11) « al-Ḥawāʾiṣ » pluriel de « ḥiyāṣa » au kasra, se réfère à une lanière qui sert à serrer la ceinture de la selle, et a été employé pour désigner tout ce qui sert à resserrer la charge portée par une personne.