[Puis advint l’année sept cent une de l’Hégire]
Elle débuta alors que les détenteurs du pouvoir étaient ceux mentionnés pour l’année précédente ; l’émir Sayf ad-Dîn Salar régnait sur la Syrie et al-Afram occupait la vice-gouvernance de Damas.
Au commencement de l’année, l’émir Qaṭlubak fut révoqué de la lieutenance des provinces littorales, charge qui revint à l’émir Sayf ad-Dîn Asandamur.
Parallèlement, Šams ad-Dîn al-Aʿsar fut démis du vizirat d’Égypte.
Sayf ad-Dîn Aqbaǧa al-Manṣūrī fut nommé lieutenant de Gaza, et l’on confia en contre-partie le commandement de la citadelle à l’émir Sayf ad-Dîn Bahādur as-Sanǧarī, originaire d’ar-Raḥba.
Au mois de Ṣafar, les envoyés du roi des Tatars rentrèrent d’Égypte à Damas ; le vice-sultan, l’armée et la population sortirent à leur rencontre.
À la mi-Ṣafar, la chaire d’enseignement de la madrasa Nûriyya fut confiée au shaykh Ṣadr ad-Dîn ʿAlî al-Buṣrawî, de rite ḥanafite, en remplacement du shaykh Walî ad-Dîn as-Samarkandî. Ce dernier n’avait occupé la charge que six jours et n’avait professé que quatre leçons, à la suite du décès de Ibn aṣ-Ṣadr Sulaymân, l’un des grands vertueux, qui accomplissait chaque jour cent rakʿa de prière.
Le mercredi 19 Rabîʿ al-Awwal, le qâḍî al-quḍât, khâṭib al-khuṭabâ’ Badr ad-Dîn Ibn Ǧamâʿa prit place à la khânqâh as-Sumaysâṭiyya en qualité de shaykh des shuyûkh, à la demande insistante des soufis après le décès du shaykh Yûsuf ibn Ḥamawiyya al-Ḥamawî. Les soufis s’en réjouirent et se groupèrent autour de lui ; jamais encore ces charges n’avaient été réunies en une seule personne