Il demeure que le supplément placé à la fin du Tārīkh d’Ibn Kathīr est bien de la plume de l’auteur lui-même, et le mérite d’avoir mis cette vérité en lumière revient tout d’abord au professeur Muḥammad Rāghib al-Ṭabbākh, qui a formulé des observations précieuses sur ce point.
Après la rédaction du présent article, le professeur Yūsuf al-ʿIsh en prit connaissance et attira mon attention sur l’ouvrage « Inbāʾ al-Ghumr » d’Ibn Ḥajar. M’y reportant, je trouvai qu’il disait, dans le prologue du livre :
« Voici un commentaire dans lequel j’ai consigné les événements de l’époque que j’ai vécue depuis ma naissance, en l’an soixante-treize et sept-cent. Au regard des faits rapportés, cet ouvrage mérite, à titre d’événements, d’être un appendice au supplément du Tārīkh du ḥāfiẓ ʿImād al-Dīn Ibn Kathīr, car il a clos son histoire à cette année-là. » Fin de citation.
Cette déclaration est explicite, vient appuyer notre position et nous apprend que l’édition imprimée du Tārīkh d’Ibn Kathīr est privée, à sa fin, des événements de cinq années. Fin de citation.
Muhammad Aḥmad Dahmān
Ensuite : Allāh – exalté soit-Il – m’a accordé la réussite pour éditer et publier le « Dhail al-Tām li-Tārīkh Duwal al-Islām » de l’imām, ḥāfiẓ et historien Shams al-Dīn Abū l-Khair Muḥammad b. ʿAbd al-Raḥmān al-Sakhāwī († 902 H) – qu’Allāh lui fasse miséricorde. Je suis convaincu qu’aucun de ceux qui se sont exprimés sur ce point n’a consulté ce qu’al-Sakhāwī dit dans cet ouvrage ; or, ce qu’il y rapporte mérite assurément qu’on s’y arrête et qu’on le signale.
La publication de ce livre a coïncidé avec mon travail d’édition du seizième volume de « al-Bidāya wa-n-Nihāya » ; c’est là une grâce de mon Seigneur et Sa réussite.
Ce qui a retenu mon attention, c’est le grand nombre de citations qu’al-Sakhāwī tire d’Ibn Kathīr. Je me suis donc appliqué à examiner ces passages et à les confronter à ce qui a été dit au sujet du supplément du Tārīkh d’Ibn Kathīr, et j’en suis arrivé aux conclusions suivantes :
Premièrement : Du fait qu’al-Sakhāwī est relativement proche d’Ibn Kathīr, qu’il fut l’élève d’Ibn Ḥajar – auteur d’« Inbāʾ al-Ghumr » qui considéra son livre comme un appendice à celui d’Ibn Kathīr –, qu’il est contemporain d’Aḥmad b. Ḥajjī et d’Ibn Qāḍī Shuhba auxquels on a attribué ledit supplément, et parce que l’ouvrage d’Ibn Kathīr figure parmi ses sources principales, il était possible, voire certain, qu’il mentionne cette question litigieuse d’attribution si elle avait réellement eu lieu ; or, il ne l’a pas fait.
Deuxièmement : Ses citations d’Ibn Kathīr sont littérales. J’en reproduis quelques-unes à titre d’illustration :
– En l’an 745 H (p. 69), al-Sakhāwī, au sujet de l’abattage des chiens à Damas, rapporte les paroles d’Ibn Kathīr : « Il eût été préférable de les tuer totalement, puis de les brûler… »
– En l’an 749 H (p. 97), al-Sakhāwī, évoquant la peste du Caire, cite Ibn Kathīr : « Celui qui exagère dit : trente ; celui qui minimise dit : onze… »