Il dit : « J’étais, moi, l’orateur [c’est-à-dire ʿImâd ad-Dîn, l’auteur – qu’Allâh lui fasse miséricorde]. Louange et grâce appartiennent à Allâh. »
Ce qui se trouve entre crochets est manifestement destiné à expliciter le pronom « je » dans « J’étais, moi, l’orateur », et cette adjonction provient de l’un des disciples de l’auteur ou de l’un de ses proches(1). Cette précision se répète à maintes reprises ; ainsi, p. 245 : « Le samedi dix – c’est-à-dire le dix du mois précédemment mentionné, Shaʿbân de l’an 753 H – nous nous sommes réunis [dit le shaykh ʿImâd ad-Dîn Ibn Kathîr, l’auteur – qu’Allâh lui fasse miséricorde] avec le calife al-Muʿtaḍid Billâh. »
Et p. 254 : « Ibn Taymiyya composa à ce sujet une épître indépendante que j’ai consultée [c’est-à-dire le shaykh ʿImâd ad-Dîn Ibn Kathîr] et je la trouvai d’une excellence parfaite. »
Deuxièmement : l’auteur mentionne à son propos des faits et des caractéristiques qui ne conviennent qu’à lui. Il dit, au sujet d’al-Mizzî et d’adh-Dhahabî (p. 190) : « Notre maître Jamâl ad-Dîn al-Mizzî, et notre maître le ḥâfiẓ adh-Dhahabî. » Et, p. 192, à propos de son maître al-Mizzî : « Sa fille Zaynab, mon épouse, nous a rapporté… »
Lorsqu’il cite Ibn Taymiyya, il dit (p. 129) : « Notre maître, l’éminent savant Ibn Taymiyya », ou, à propos de son condisciple Ibn al-Qayyim, élève d’Ibn Taymiyya (pp. 202, 234) : « Notre compagnon, l’illustre Shams ad-Dîn Muḥammad Ibn Abî Bakr Ibn Ayyûb az-Zurʿî, imâm de la Jawziyya. »
Après avoir évoqué le décès du ḥâfiẓ adh-Dhahabî (p. 225), il poursuit : « Le dimanche seize Dhû l-Qaʿda, j’assistai à la Madrasa-Tombeau Umm aṣ-Ṣâliḥ – qu’Allâh fasse miséricorde à son fondateur – en remplacement du shaykh Shams ad-Dîn adh-Dhahabî ; un groupe d’éminents juristes et quelques juges assistaient également, et le cours fut des plus remarqués. »
Si l’on se reporte à la biographie du ḥâfiẓ Ibn Kathîr, l’on constate que toutes ces descriptions lui correspondent parfaitement. Ainsi est-il écrit dans « Tanbîh at-Tâlib » de an-Nuʿaymî, à propos de la Dâr al-Ḥadîth al-Ashrafiyya : « Il s’allia par mariage avec le ḥâfiẓ Abû l-Ḥajjâj al-Mizzî dont il ne se sépara plus ; il reçut abondamment d’Ibn Taymiyya ; il assuma la charge de shaykh de la Madrasa-Tombeau Umm aṣ-Ṣâliḥ après adh-Dhahabî ; il mourut en 774 H et fut inhumé au cimetière des Soufis, auprès de son shaykh Ibn Taymiyya. » On lit la même chose dans « Shadharât adh-Dhahab ».
De surcroît, l’auteur a exprimé son nom sans ambiguïté en deux autres passages ne souffrant ni doute ni interprétation. Ainsi, p. 317 : « Le vendredi dix-neuf du mois, c’est-à-dire Rabîʿ al-Âkhir, les trois juges et un groupe de muftis furent convoqués. Du côté shaféite se trouvaient ses deux adjoints : le qâḍî Shams ad-Dîn al-Ghazî et le qâḍî Badr ad-Dîn Ibn Wahba ; le shaykh Jamâl ad-Dîn Ibn Qâḍî az-Zabadânî ; et l’auteur ʿImâd ad-Dîn Ibn Kathîr, etc. Nous nous réunîmes avec le vice-sultan dans la salle principale du lieu et nous nous assîmes autour de lui. »
Et p. 256 : « Au mois de Dhû l-Qaʿda, je consultai une lettre qu’une personne avait adressée à un ami à Tripoli, dans laquelle on lisait : “Le maître informe le shaykh ʿImâd ad-Dîn de ce qui s’est produit dans les régions côtières.” »
Ainsi, ces éléments constituent des preuves irréfutables.