Qâḍî Shihba rapporte qu’Ibn Ḥajjî en a rédigé le supplément de l’année 769 H à l’année 815 H, puis qu’Ibn Qâḍî Shihba l’a poursuivi jusqu’en 840 H, en sept gros volumes qu’il a ensuite abrégés d’environ moitié.
Telle est la conclusion à laquelle nous sommes parvenus ; Allah seul guide vers la vérité.» Fin de citation.
Muhammad Râghib al-Ṭabbâkh
Second avis :
Le présent ouvrage, ainsi que ce que l’on tient pour être son appendice, seraient tous deux de la plume d’Ibn Kathîr. C’est l’opinion de l’éminent professeur Muḥammad Aḥmad Dahmân — qu’Allah le préserve — exposée dans un article publié par la Revue de l’Académie Arabe de Damas, vol. 20, p. 90-93, en réponse à l’avis précédent du shaykh al-Ṭabbâkh. Je le reproduis ici intégralement afin de confronter les deux points de vue.
Après avoir résumé le premier article, il déclare :
«À l’issue de mon étude, je suis arrivé à deux conclusions :
1 – Le ḥâfiẓ Ibn Kathîr s’est arrêté dans son Târîkh aux événements de l’an 738 H, et il existe plusieurs manuscrits qui s’achèvent à cette date.
2 – L’auteur, ayant atteint cette année-là, a plus tard ajouté un supplément couvrant les années 739-774 H — comme on le voit dans l’édition imprimée — supplément présent dans certains manuscrits et absent dans d’autres, et qui est, sans le moindre doute, de la main d’Ibn Kathîr lui-même.
Mes preuves concernant le premier point sont les suivantes :
Premièrement : le manuscrit alépien évoqué par le professeur al-Ṭabbâkh.
Deuxièmement : le manuscrit dont a tiré ‘Abd al-Qâdir al-Nu‘aymî (m. 927 H) dans son ouvrage «Tanbîh al-Ṭâlib wa-Irshâd al-Dâris» consacré aux madrasas de Damas et à leurs professeurs. Il y a inséré les passages du Târîkh d’Ibn Kathîr utiles à son sujet, mais l’on constate qu’il n’y mentionne aucune des additions postérieures à 738 H, ni ce qui fut nouvellement fondé de madrasas ou d’événements après cette date : certaines informations, il les emprunte à d’autres sources qu’Ibn Kathîr, d’autres, il les omet faute d’y avoir accès, alors même que les suppléments postérieurs à 738 H contiennent des données précieuses indispensables à son ouvrage. Cela prouve que la copie utilisée par al-Nu‘aymî était dépourvue des ajouts que l’on trouve dans l’édition imprimée et qu’elle ressemble au manuscrit d’Alep conservé à la madrasa Aḥmadiyya.
Quant à mes preuves du second point — à savoir que le supplément est bien d’Ibn Kathîr — les voici :
Premièrement : certains élèves de l’auteur ont retouché l’ouvrage lorsque celui-ci parle de lui-même. Lorsqu’il se nomme explicitement, l’élève ajoute des titres honorifiques. Ainsi, quand l’auteur écrit [p. 321] qu’en shawwâl ‘Imâd ad-Dîn Ibn Kathîr assista au cours de tafsîr, l’élève modifie la phrase et fait dire : «qu’en shawwâl assista le shaykh, l’illustre savant, shaykh ‘Imâd ad-Dîn Ibn Kathîr». Et lorsque l’auteur emploie la première personne, l’élève ajoute le nom de son shaykh pour préciser que c’est lui qui est visé par le pronom, comme à la page 216, où l’auteur parle de lui-même dans la mosquée al-Marjânî.