Les événements de l’année 768 H. jusqu’au mois de Rabîʿ ath-Thânî ont été relatés sans qu’un titre ne leur soit attribué ; j’en fus fort surpris, sachant pertinemment que le manuscrit de cette chronique, conservé à la bibliothèque de l’école Aḥmadiyya d’Alep — en dix gros volumes sous le n° 1217 — s’achève, dans son neuvième volume consacré aux décès et aux faits marquants, à l’année 738 H., dont la dernière phrase est la suivante :
« Ma préoccupation fut de choisir dans son Histoire, le mercredi vingt jumâdâ al-âkhirah de l’an sept cent cinquante et un ; qu’Allâh en fasse la meilleure des conclusions, Âmîn. Ici prend fin ce que j’ai écrit depuis la création d’Âdam — sur lui et sur notre Prophète la meilleure des prières et des salutations — jusqu’à notre époque. Louange à Allâh, Seigneur des mondes, et que la bénédiction et la paix soient sur notre maître Muḥammad, sur sa famille, ses Compagnons et ceux qui les suivent avec excellence jusqu’au Jour de la Rétribution. »
Puis, d’une autre main, on lit :
« Suivra, si Allâh le veut, la partie suivante : “La Fin” relative aux questions de l’Au-delà, conclusion de “Le Commencement” concernant la résurrection et la relève des morts ; et le dixième volume commencera par les guerres et les épreuves de la fin des temps. » Après avoir examiné la fin du quatorzième volume, j’y ai trouvé cette mention, à la clôture des événements de l’année 738 H. : « Écrit par Ismâʿîl ibn Kathîr al-Qurachî ash-Shâfiʿî — qu’Allâh lui pardonne. Âmîn. »
Le réviseur note alors dans la marge : « Ainsi dans toutes les sources de base. »
Cela et ce qui précède montrent clairement que l’auteur a mené son Histoire jusqu’à cette année. Or, dans l’édition imprimée, on lit ensuite : « Puis vint l’année sept cent trente-neuf », et il entreprend d’énumérer ses événements et ses décès jusqu’à mentionner certains faits de l’année 768 H., sur quoi il clôt l’ouvrage.
Il ressort donc que ces années — de 739 à 768 H. — ne sauraient, sans l’ombre d’un doute, être l’œuvre du ḥâfiẓ Ibn Kathîr. « Le cheikh, éminent savant, Imâd ad-Dîn Ibn Kathîr donnait le cours de tafsîr… », remarque dans ce passage le réviseur : « Ainsi dans les copies d’Istanbul, tandis que l’édition égyptienne présente un demi-feuillet blanc » ; preuve manifeste que ces lignes ne sont pas d’Ibn Kathîr, d’autant qu’un passage est tombé au début de l’année.
Dès lors, je voulus connaître l’auteur de ce supplément ; je me mis en quête et trouvai, de ma propre main, en marge de Kashf az-Zunûn, à l’article consacré à cette Histoire, cette note : « Voyez ce qui figure dans le supplément aux suppléments de Tadhkirat al-ḥuffâẓ, imprimé par Sîdî Ḥusâm ad-Dîn al-Qudsî, p. 250. » Je m’y reportai ; j’y lus, parmi les annotations du savant distingué, le cheikh Muḥammad Zâhid al-Kawtharî, concernant la biographie de l’érudit Aḥmad ibn Ḥajî (m. 816 H.), ce passage :
« Il rédigea un appendice à l’Histoire d’Ibn Kathîr, y mentionnant les événements mensuels puis les défunts du mois ; c’est d’un grand profit. » Al-ḥâfiẓ as-Sakhâwî déclare dans son « Ḍawʾ » (1/270) : « Il commence en 741 H. et s’achève en 815 H. »
Ibn Qâḍî Shuhbah ajoute : « Il écrivit six années à partir de 741 H., puis reprit à 769 H. et continua jusqu’à peu avant son décès. Il m’avait légué la tâche de combler la lacune susmentionnée, que j’ai achevée. »
Je revins alors au Ḍawʾ d’as-Sakhâwî (1/270) et aux Shadharât (7/117) et constatai l’exactitude de ces propos. Il apparaît donc que ce supplément, couvrant de fait l’année 739 H. — et non 741 H. — jusqu’à la fin, est en partie l’œuvre d’Aḥmad ibn Ḥajî, et en partie de