Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

[Le Hanafite] (1) … Lorsque vint le troisième jour de Muharram, l’agent chargé de percevoir les loyers (2) siégea pour exiger quatre mois de loyer sur tous les biens privés et les biens waqf de Damas ; la majorité des habitants s’enfuirent alors de la ville, et il s’ensuivit un grand tumulte (3), pesant lourdement sur la population (4).

Au premier jour de Safar, la nouvelle revint que les Tatars se dirigeaient vers les terres de Syrie (Bilād al-Shām) et comptaient entrer en Égypte. Les gens en furent profondément bouleversés et perdirent davantage encore de leur vigueur ; leur raison s’égara, si bien que beaucoup entreprirent de fuir vers l’Égypte, vers Karak, Shawbak et les forteresses imprenables. Le prix du transport des personnes jusqu’en Égypte grimpa à cinq cents, et on vendit le chameau à mille et l’âne à cinq cents. Les marchandises, les habits et les denrées furent bradés à des prix dérisoires.

Le deuxième jour de Safar, le shaykh Taqī al-Dīn Ibn Taymiyya tint une session dans son assemblée à la mosquée, où il exhorta les gens au combat, rappelant les versets coraniques et les hadiths y afférents. Il leur interdit de se hâter de fuir et les incita à dépenser leurs biens pour défendre les musulmans, leur territoire et leurs richesses. Il affirma que ce qui était versé pour payer les frais de la fuite, s’il était consacré dans le sentier de Dieu, était préférable, et décréta que combattre les Tatars était, cette fois, un devoir strictement obligatoire. Il multiplia les assemblées à ce sujet. Un ordre fut lancé à travers le pays interdisant à quiconque de partir sans autorisation et document officiels ; dès lors, les gens suspendirent leur exode et retrouvèrent leur calme. On parvint à la rumeur selon laquelle le sultan était sorti du Caire avec ses troupes et des fanfares annoncèrent sa marche, quoiqu’une partie des grandes familles de Damas eût déjà quitté la ville, telles les familles Ibn Ṣaṣrā, Ibn Faḍl Allāh, Ibn Manjā, Ibn Suwayd, Ibn al-Zamlakānī et Ibn Jamā‘a (7).

Au premier jour de Rabī‘ al-Ākhir, les bruits autour des Tatars se firent plus vifs, et on apprit qu’ils avaient atteint al-Bīra. On proclama dans la cité (8) que la population devait rejoindre l’armée, suivant le décret arrivé depuis al-Marj. On procéda à une revue au cours de ce mois, passant en revue près de cinq mille personnes du commun, équipées d’armes et de matériel dans la mesure de leurs moyens. Le khatīb (prédicateur) Ibn Jamā‘a fit alors le qunūt dans la prière.

(1) B : L'introduction a été rédigée en présence du calife al-Ḥākim al-ʿAbbāsī, du sultan du pays, al-Malik al-Nāṣir Muḥammad ben al-Manṣūr Qalāwūn, et du gouverneur d'Égypte, le prince Sayf al-Islām Sallar, ainsi que des juges d'Égypte : le juge Taqī al-Dīn ibn Daqīq al-ʿĪd, shāfiʿite et ḥanafite ; le gouverneur du Levant, le prince Jamāl al-Dīn Āqūsh al-Afram ; le juge des shāfiʿites, Badr al-Dīn ibn Jamāʿa ; le juge des ḥanafites, Shams al-Dīn ibn al-Ḥarīrī ; le juge des Mālikites, Jamāl al-Dīn al-Zawāwī ; le juge des ḥanbalites, Taqī al-Dīn Sulaymān ibn Ḥamza al-Maqdisī ; le prêcheur Badr al-Dīn ibn Jamāʿa, et le vizir Shams al-Dīn Sanqar al-Aʿsar. (2) A : « Jalasa ad-Dīn », B : « Ḥaḍara ad-Dīn ». (3) Rédigé uniquement dans B. (4) B : « Mishqa ʿaẓīma » (une grande difficulté). (5) A, B : « Wa-buyiʿa » (et il fut vendu). (6) A, B : « Wa-buyiʿat » (et elle fut vendue). (7) De son propos : « Et au début de Ṣafar vint... » jusqu'ici il y a une divergence dans le récit entre B, A et le reste des copies ; j'ai préféré omettre ces divergences. (8) B : « Fī al-buldān » (dans les pays).
والحنفي] (١) ، ولما كان ثالث المحرم جلس (٢) المستخرج لاستخلاص أجرة أربعة أشهر عن جميع أملاك الناس وأوقافهم بدمشق، فهرب أكثر الناس من البلد، وجرت خبطه عظيمة (٣) قوية وشق ذلك على الناس جدًّا (٤) . وفي مستهل صفر وردت الأخبار بقصد التتر بلاد الشام، وأنهم عازمون على دخول مصر، فانزعج الناس لذلك وازدادوا ضعفًا على ضعفهم، وطاشت عقولهم وألبابهم، وشرع الناس في الهرب إلى بلاد مصر والكرك والشوبك والحصون المنيعة، فبلغت الحمارة إلى مصر خمسمئة، وبيع (٥) الجمل بألف، والحمار بخمسمئة، وبيعت (٦) الأمتعة والثياب والغلات بأرخص الأثمان، وجلس الشيخ تقي الدين بن تيمية في ثاني صفر بمجلسه في الجامع وحرَّض الناس على القتال، وساق لهم الآيات والأحاديث الواردة في ذلك، ونهى عن الإسراع في الفرار، ورغب في إنفاق الأموال في الذبِّ عن المسلمين وبلادهم وأموالهم، وأن ما ينفق في أجرة الهرب إذا أنفق في سبيل اللّه كان خيرًا، وأوجب جهاد التتر حتمًا في هذه الكرة، وتابع المجالس في ذلك، ونودي في البلاد لا يسافر أحد إلا بمرسوم وورقة، فتوقف الناس عن السير وسكن جأشهم، وتحدث الناس بخروج السلطان من القاهرة بالعساكر ودقت البشائر لخروجه، لكن كان قد خرج جماعة من بيوتات دمشق كبيت ابن صصرى وبيت ابن فضل اللّه وابن منجا وابن سويد وابن الزملكاني وابن جماعة (٧) . وفي أول ربيع الآخر قوي الإرجاف بأمر التتر، وجاء الخبر بأنهم قد وصلوا إلى البيرَة ونودي في البلد (٨) أن تخرج العامة مع العسكر، وجاء مرسوم النائب من المرج بذلك، فاستعرضوا في أثناء الشهر فعرض نحو خمسة آلاف من العامة بالعدة والأسلحة على قدر طاقتهم، وقنت الخطيب ابن جماعة في
(١) ب: استهلت والخليفة الحاكم العباسي وسلطان البلاد الملك الناصر محمد بن المنصور قلاوون ونائب مصر الأمير سيف الإسلام سلار وقضاة مصر القاضي تقي الدين بن دقيق العيد الشافعي الحنفي ونائب الشام الأمير جمال الدين آقوش الأفرم، وقاضي الشافعية بها بدر الدين بن جماعة وقاضي الحنفية شمس الدين بن الحريري، وقاضي المالكية جمال الدين الزواوي، وقاضي الحنابلة تقي الدين سليمان بن حمزة المقدسي، والخطيب بدر الدين بن جماعة، والوزير شمس الدين سنقر الأعسر. (٢) أ: جلس الدين، ب: حضر الدين. (٣) عن ب وحدها. (٤) ب: مشقة عظيمة. (٥) أ، ب: وأبيع. (٦) أ، ب: وأبيعت. (٧) من قوله: وفي مستهل صفر وردت … إلى هنا اختلاف في الرواية بين ب وأ وبقية النسخ آثرت حذف هذه الخلافات. (٨) ب: في البلدان.

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