Et le jeudi vingt-quatrième (1), les notables, accompagnés de leur naqib (chef), Niẓâm al-Mulk al-Ḥusaynī, défilèrent en armes et parés de manière élégante. Ce fut un jour mémorable.
Parmi les événements survenus cette année, on nomma un imam permanent près de la tête de la tombe de Zacharie : il s’agissait du juriste Sharaf ad-Dīn Abū Bakr al-Hamawī. Le jour (2) de ‘Achourâ’, le juge Imâm ad-Dīn ash-Shâfi‘î, Ḥussâm ad-Dīn al-Ḥanafî et un groupe de personnes assistèrent auprès de lui. Cependant, sa fonction ne dura que quelques mois, puis al-Hamawī retourna dans sa ville, et ce poste fut aboli jusqu’à ce jour, louange à Dieu.
[Parmi les éminentes personnalités décédées cette année figurait] le juge Ḥussâm ad-Dīn Abū al-Faḍâ’il (5) al-Ḥasan, fils du juge Tâj ad-Dīn Abū al-Mafâkhir Aḥmad ibn al-Ḥasan Anū Sharwān ar-Râzî al-Ḥanafî. Il exerça la magistrature à Malatya (6) pendant vingt ans, puis arriva à Damas où il officia un certain temps, avant de partir pour l’Égypte (7) et d’y occuper la même fonction. Son fils Jalâl ad-Dīn se trouvait alors en Syrie. Plus tard, il s’y rendit à son tour et reprit la magistrature. Lorsque l’armée partit à la rencontre de Ghâzân dans la vallée de Khazandar, près de Wâdî Salmiyya (8), il se joignit à elle. On le perdit de vue sur la ligne de front et nul ne sut ce qu’il était advenu de lui.
Âgé d’environ soixante-dix ans, il était un éminent érudit, un homme influent et habile, qui composait de beaux poèmes. Il naquit à Aqsarâ (9) en pays byzantin, au mois de Muḥarram de l’an 631 de l’Hégire. On le déclara disparu le mercredi 24 Rabî‘ al-Awwal de cette année [le jour de la bataille] (10), et il fut tué ce même jour.