Al-Chirjî revêtit une robe d’honneur, et (1) les registres administratifs (dawâwîn) furent organisés à la porte [de l’émir] par le vizir Chams ad-Dîn Sanqar al-A‘sar. L’émir ‘Izz ad-Dîn Aybak ad-Dawîdâr an-Najîbî (2) exerça le gouvernement du Barr, après avoir été désigné parmi les émirs de la Tablakhâna (3).
Le cheikh Kamâl ad-Dîn Ibn az-Zamlakânî donna un cours à Umm as-Sâlih, en remplacement de Jalâl ad-Dîn al-Qazwînî, le dimanche 21 Sha‘bân. Ce même jour, la fonction de juge hanafite fut confiée à Chams ad-Dîn Ibn as-Safî al-Harîrî, en remplacement de Husâm ad-Dîn ar-Rûmî, disparu le jour (4) de la bataille [et par la suite, l’enseignement à al-Khânq lui fut confié en remplacement de Husâm ad-Dîn ar-Râzî] (5), le deuxième jour de Ramadân.
Les tentures furent retirées de la citadelle le troisième jour de Ramadân. Au début de Ramadân, l’émir Sayf ad-Dîn Sâlar siégea à la Dâr al-‘Adl sur la place du Maydân al-Akhdar, en présence des juges et des émirs, le samedi (6). Le samedi suivant, une somptueuse robe d’honneur fut conférée au ṣadr ‘Izz ad-Dîn al-Qalânsî, et son fils ‘Imâd ad-Dîn [‘Abd al-‘Azîz] fut nommé témoin à la Trésorerie suprême. Ce même jour, Sayf ad-Dîn Sâlar retourna avec les troupes en Égypte, et les armées syriennes (7) se replièrent vers leurs régions et contrées.
Le lundi dixième jour de Ramadân, [Ṣadr ad-Dîn] ‘Alî Ibn as-Safî Ibn Abî al-Qâsim al-Baṣrâwî, de rite hanafite, enseigna à la madrasa (8) al-Muqaddamiyya. Au cours du mois de Shawwâl de la même année (9), on découvrit un groupe de personnes qui cherchaient refuge auprès des Tatars (10) et nuisaient aux musulmans. Certains d’entre eux furent pendus, d’autres empalés, on aveugla quelques-uns, d’autres eurent la langue tranchée, et de nombreux faits se produisirent encore.