Al-Naḥḥās, gouverneur de la ville, ainsi que le muḥtasib et d’autres marchands et gens du commun, quittèrent la cité, laissant ainsi la ville vide, sans autorité, hormis le lieutenant de la citadelle (1) [ʿIlm ad-Dīn Arjwāsh, occupé par la citadelle loin de la ville] (2).
La nuit du dimanche, deuxième jour de Rabiʿ al-Awwal, les prisonniers enfermés à la prison de Bāb aṣ-Ṣaghīr [Porte] (3) parvinrent à forcer leur geôle et à s’enfuir avec fureur. Ils se dispersèrent dans la ville, se comptant près de deux cents hommes, pillant tout ce qui leur tomba sous la main. Ils se dirigèrent ensuite vers Bāb al-Jābiya, brisèrent les serrures de sa porte extérieure (4), puis sortirent dans la banlieue de la ville. Ils se dispersèrent à leur guise, sans que nul ne puisse les repousser (5) ni les contenir. Pendant ce temps, les Ḥarāfisha causèrent des ravages dans les faubourgs, brisant les portes des vergers et arrachant nombre de portes et de fenêtres, qu’ils revendirent (6) à bas prix.
Or, le sultan des Tatars (7) se dirigea vers Damas après la bataille. Les notables de la ville, en compagnie du shaykh Taqī ad-Dīn Ibn Taymiyya (au Mashhad ʿAlī), tinrent conseil et convinrent de se rendre auprès de Ghāzān pour l’accueillir et solliciter sa protection au profit des habitants de Damas. Ils partirent le lundi, troisième jour de Rabiʿ al-Ākhir, et le rencontrèrent à an-Nabk. Le shaykh Taqī ad-Dīn lui adressa alors une parole ferme et incisive (8), apportant un immense avantage aux musulmans, louange à Dieu.
Cette même nuit, les musulmans pénétrèrent du côté de Ghāzān (9) et descendirent à al-Bādarāʾiyya (10). Toutes les portes de la ville furent alors fermées, à l’exception de Bāb Tūmā. Le vendredi, le khatīb prêcha à la grande mosquée sans mentionner le nom d’aucun sultan dans son sermon (11). Après la prière, l’émir Ismāʿīl arriva, accompagné d’un groupe d’émissaires, et s’installa dans le verger d’al-Ẓāhir, près de aṭ-Ṭarn. Le firman d’amnistie fut apporté et porté en procession dans la ville, puis on le proclama le samedi, huitième (12) jour du mois, depuis la tribune de la khutba. À cette occasion, de l’or et de l’argent furent distribués.
Le deuxième jour (13) après la proclamation de cette amnistie, on réclama les chevaux, les armes et les biens cachés chez la population.