Ad-Dîn Jâghân (1) envoya chercher ceux qui se trouvaient auprès de lui (2). Beaucoup d’entre eux se cachèrent, et un groupe parmi ceux qui proclamèrent la doctrine fut frappé, si bien que les autres se turent (3). Lorsque vint le vendredi, le cheikh Taqî ad-Dîn tint son prêche à la mosquée, comme à son habitude (4), et il expliqua ce verset du Très-Haut : « Et certes, tu es d’une nature morale éminente » (sourate al-Qalam, verset 4).
Le samedi, il se réunit avec le juge Imâm ad-Dîn al-Qazwînî (5), en présence d’un groupe d’érudits, et ils débattirent de l’ouvrage intitulé “al-Ḥamawiyya” (6), l’interrogeant sur plusieurs passages (7). Il leur répondit d’une manière qui les réduisit au silence après de longs propos (8). Puis le cheikh Taqî ad-Dîn repartit, la situation ayant été rétablie et le calme revenu. Quant au juge Imâm ad-Dîn, sa conviction envers lui était bonne et son intention louable (9).
Cette même année, l’émir ‘Alam ad-Dîn Sanjar ad-Dawîdar (10) consacra la galerie qu’il possédait à l’intérieur de Bâb al-Faraj, en la transformant en école et maison des hadiths. Il en confia la direction au cheikh ‘Alâ’ ad-Dîn ibn al-‘Aṭṭâr, et les juges ainsi que les notables y assistèrent. Il leur offrit un banquet (11). (Ce fut aussi à cette occasion que Qara-Sankir fut libéré.)
Le samedi 11 Shawwâl, on inaugura le mausolée d’Othmân, restauré par Nâṣir ad-Dîn ibn ‘Abd as-Salâm, l’intendant de la mosquée. Il y ajouta, au nord, la loge des serviteurs (12) et nomma pour ce lieu un imâm permanent, à l’imitation du mausolée de ‘Alî ibn al-Ḥusayn Zayn al-‘Âbidîn.
Dans la première dizaine (13) de Dhû al-Ḥijja, le juge Ḥusâm ad-Dîn ar-Râzî, de rite ḥanafite, retrouva son poste de magistrat à Damas après en avoir été démis au Caire (14). Son fils fut également relevé de son poste de juge à Damas.
Cette année-là, au mois de Dhû al-Qa‘da, de nombreuses rumeurs coururent au sujet des intentions des Tatars de se diriger vers les terres de Syrie. Puisse Dieu nous venir en aide.