Les heureuses nouvelles (1) annoncèrent l’entrée du sultan an-Nâsir en Égypte, un samedi, le 4 Jumâdâ al-Ûlâ. Ce fut un jour mémorable, et l’on fit retentir (2) les réjouissances. Les juges et les éminentes personnalités de l’État montèrent à la Citadelle (3), et il reçut l’allégeance en présence de ‘Alam ad-Dîn Arjwâsh. Des prônes furent prononcés en son nom sur les chaires (à Damas et ailleurs), en présence des plus grands savants, juges (4) et émirs. La nouvelle parvint ensuite qu’il avait traversé Le Caire, vêtu de la khil‘a du calife, escorté par l’armée qui marchait à pied (5). On fit à nouveau sonner les festivités. Ses décrets furent alors promulgués et lus devant le public, où ils insistaient sur la bienveillance à l’égard des administrés et ordonnaient de les traiter avec bonté. On invoqua donc Dieu pour lui (6).
L’émir Jamâl ad-Dîn Âqouch al-Afram fut envoyé comme vice-roi à Damas. Il y entra le mercredi, avant la prière de l’asr, le 22 Jumâdâ al-Ûlâ, et s’installa à la Dâr as-Sa‘âda (comme à l’accoutumée). Les gens se réjouirent de son arrivée et allumèrent des flambeaux en son honneur, et ils firent de même le vendredi (7) lorsqu’il se rendit à la prière du vendredi dans la maqṣûra. Quelques jours plus tard, on libéra Jâghân et Lâjîn (gouverneur du Barr), et ils retrouvèrent leurs fonctions antérieures (8). L’émir Husâm ad-Dîn al-Astâdâr (9) fut nommé atabek des armées égyptiennes, alors que l’émir Sayf ad-Dîn Sâlar fut désigné vice-roi en Égypte (10). En Ramadan, al-A‘sar fut libéré de prison et nommé vizir en Égypte. Quant à Qarasnqar al-Mansûrî, on le fit sortir de prison et on lui confia la vice-royauté de Ṣubayba. Puis, lorsque mourut le seigneur de Hama, al-Malik al-Muẓaffar, on transféra Qarasnqar dans cette ville.
[L’épreuve du shaykh Taqî ad-Dîn Ibn Taymiyya]
Celle-ci eut lieu à la fin du règne de Lâjîn, après que Qabjaq eut quitté la cité. (11) Un groupe de jurisconsultes s’éleva contre lui et voulut le faire comparaître devant le tribunal du cadi hanafite Jalâl ad-Dîn, mais il ne s’y présenta pas. On proclama alors dans la ville le contenu de la croyance sur laquelle l’avaient interrogé les habitants de Hama, connue sous le nom de « l’épître Ḥamawiyya » (12). L’émir Sayf prit alors sa défense.