Il consacra cette demeure en tant que Dâr Hadîth (maison dédiée à l’enseignement du hadith) et khanqah. (1) Il s’était établi à Damas et y résida un certain temps dans cette maison, autrefois connue sous le nom de Dâr Ibn Qawâm, bâtie entièrement de pierres taillées. As-Samarî possédait une grande fortune, était d’un caractère exemplaire, très estimé par le pouvoir, agréable en société, auteur de poèmes raffinés et d’innovations littéraires remarquables. Il mourut (2) le lundi 18 Sha‘bân [dans sa demeure, où l’on pria sur lui durant la prière de l’après-midi à la Grande Mosquée des Omeyyades, puis il fut ramené chez lui pour y être inhumé – qu’Allâh lui fasse miséricorde]. (3)
À Bagdad, il avait joui des faveurs du vizir Ibn al-‘Alqamî, et il avait fait l’éloge du calife al-Musta‘sim (4), qui l’honora d’une précieuse robe noire. Plus tard, il arriva à Damas à l’époque d’an-Nâsir, souverain d’Alep, qui l’apprécia également. Mais les notables de l’État médirent de lui, si bien qu’il composa contre eux une pièce en rajoûz (poème rimé). À la suite de cela, le roi (5)(6) leur imposa une amende de vingt mille dinars. Ils le considérèrent alors avec une grande vénération et recoururent à lui pour atteindre leurs objectifs. Il composa également une qasîda (7) à la louange du Prophète (que la paix et la bénédiction d’Allâh soient sur lui), et le hâfiẓ ad-Dimyâtî transmit quelques-uns de ses poèmes.
Quant au fondateur de la waqf an-Nafîsiyyah (8) située sur le quai principal, il s’agit de Nafîs ad-Dîn Abû al-Fidâ’ Ismâ‘îl ibn Muhammad ibn ‘Abd al-Wâhid ibn Ismâ‘îl ibn Salâmah (9) ibn ‘Alî ibn Ṣadaqah al-Ḥarrânî, puis ad-Dimashqî. Il fut l’un des “témoins de haute valeur” (10) à Damas, et exerça un temps la charge de superviseur des orphelins. Il était fortuné, né en l’an 628 de l’Hégire. Il étudia le hadith et voua sa demeure pour en faire une maison d’enseignement du hadith (Dâr Hadîth). Il mourut (11) le samedi après la prière de midi, le quatrième jour de Dhû al-Qa‘dah, et fut enterré au pied du mont Qâsiyûn le dimanche matin, après que la prière funéraire eût été accomplie pour lui à la Grande Mosquée des Omeyyades (12).