Lajîn (1)
Lajîn et un groupe d’émirs qui l’accompagnaient furent mis sous surveillance, et l’on saisit leurs biens et leurs avoirs en Égypte et en Syrie. Le sultan confia la vice-royauté (niyâba) d’Égypte à l’émir Sayf al-Dîn Mankawtamar al-Ḥassâmî. (Quant à ces émirs capturés, ce sont justement ceux qui l’avaient auparavant soutenu et avaient prêté allégeance avec lui contre al-ʿÂdil Kitbughâ.)
Par ailleurs, le cheikh Kamâl al-Dîn al-Sharîshî arriva des territoires égyptiens avec un décret lui permettant d’enseigner à la Nâṣiriyya, en remplacement de l’école Shâmiyya al-Barâniyya. Il y dispensa son premier cours le samedi, jour de ʿArafa. L’émir Shams al-Dîn Sunqur al-Aʿsar, vizir d’Égypte et shâd al-dawâwîn, fut arrêté le samedi 23 Dhû l-Ḥijja. Ses biens et ses ressources en Égypte et en Syrie furent également confisqués.
(2)
Au cours du même mois de Dhû l-Ḥijja, il fut proclamé en Égypte qu’aucun dhimmî ne devait monter à cheval ni à dos de mule, et que quiconque parmi eux serait trouvé en infraction se verrait confisquer sa monture.
(3)
Pendant cette même période, le Yémen fut gouverné par le sultan al-Malik al-Muʾayyad Hizabr al-Dîn (4) Dâwud ibn al-Malik al-Muẓaffar, déjà mentionné précédemment.
[Et parmi les notables décédés durant ces deux années] :
Le Qâḍî al-quḍât (juge suprême) de l’école hanbalite au Caire (5), ʿIzz al-Dîn ʿUmar ibn ʿAbd Allâh ibn ʿAwad al-Maqdisî al-Janbalî. Il étudia le hadith, excella dans sa discipline et officia en tant que juge en Égypte. On louait sa bonne conduite et l’équité de ses jugements (6). Il mourut en Ṣafar et fut inhumé au Muqaṭṭam. Après lui, ce fut Sharaf al-Dîn ʿAbd al-Ghanî (7) ibn Yaḥyâ ibn Muḥammad ibn ʿAbd Allâh ibn Naṣr al-Ḥarrânî qui hérita de sa fonction dans les terres d’Égypte.
Quant au cheikh, imâm, hâfiẓ et modèle (8), ʿAfîf al-Dîn Abû Muḥammad ʿAbd al-Salâm ibn Muḥammad ibn Mazrûʿ ibn Aḥmad ibn ʿAzâz al-Miṣrî al-Ḥanbalî, il fit également partie de ceux qui s’éteignirent à cette époque.