Les fonctions relatives aux juges et aux scribes furent réparties, et l’on conféra à Ibn Jamâ‘a deux robes d’honneur : l’une pour la magistrature et l’autre pour la fonction de prédicateur.
Lorsque vint le mois de Jumâdâ al-Âkhira, le courrier arriva pour annoncer la nomination d’Imâm ad-Dîn al-Qazwînî (1) au poste de juge en Syrie, à la place de Badr ad-Dîn Ibn Jamâ‘a, tout en maintenant ce dernier comme prédicateur et en lui confiant également la direction de l’école al-Qaymariyya, précédemment entre les mains d’Imâm ad-Dîn. Une lettre du sultan parvint à ce sujet, témoignant son estime et son honneur envers lui ; c’est ainsi qu’il donna un cours à al-Qaymariyya le jeudi, deuxième jour de Rajab. Imâm ad-Dîn (2) arriva à Damas après la prière du ẓuhr, le mercredi huit de Rajab ; il s’assit à l’Adiliyya et rendit justice (3) entre les gens. Les poètes le célébrèrent par des odes, dont (4) l’une débute ainsi :
– [mètre at-Tawîl] –
“Après l’épreuve, les jours ont tourné à la facilité…
C’est ainsi que les frontières du Shâm rayonnent de la bonne nouvelle.”
À son entrée, il portait une robe d’honneur octroyée par le sultan, accompagné du qâdî Jamâl ad-Dîn az-Zawâwî, juge suprême des Mâlikites, ce dernier vêtu lui aussi d’une robe d’honneur. On a fait grand éloge de la conduite d’Imâm ad-Dîn durant son voyage, et on a loué la qualité de ses mœurs et de son ascèse (dites excellentes). Il dispensa un cours à l’Adiliyya le mercredi matin, au milieu de Rajab, et, après le cours, on fut témoin (à son sujet) de l’investiture (5) de son frère, Jalâl ad-Dîn, à la fonction d’adjoint du juge. Il siégea au petit dîwân, portant la robe d’honneur (6), et les gens vinrent le féliciter. Son acte d’investiture fut lu le vendredi, devant la fenêtre al-Kamâliyya, après la prière (7), en présence du lieutenant du sultan et des autres juges. C’est Sharaf ad-Dîn al-Fazârî qui en fit la lecture.
Au cours du mois de Sha‘bân, on apprit que Shams ad-Dîn al-A‘sar avait été nommé, dans les territoires égyptiens, à la responsabilité des dîwâns ainsi qu’au vizirat, occupant ainsi les deux fonctions à la fois. La supervision des dîwâns de Damas échut à Fakhr ad-Dîn Ibn ash-Shîrjî, en remplacement de Zayn ad-Dîn Ibn Ṣaṣrâ, avant qu’il ne soit rapidement destitué au bout d’un mois ou moins (8) au profit d’Amîn ad-Dîn Ibn Hilâl. L’école ash-Shâmiyya al-Barâniyya fut rendue au shaykh Zayn ad-Dîn al-Fâriqî, en même temps que le poste de l’an-Nâṣiriyya, en raison de l’absence de Kamâl ad-Dîn Ibn ash-Sharîshî au Caire. [Il y donna un cours pendant le mois de Ramadân, un lundi après la prière d’al-‘aṣr] (9).
Le quatorzième jour de Dhu al-Qa‘da, l’émir Shams ad-Dîn Qarâsinqur al-Manṣûrî, lieutenant des territoires égyptiens, fut arrêté (10).