Le matin de ce jour, le qadi Shams ad-Dîn Ibn al-Harîrî donna un cours à la madrasa al-Qaymaziyya, en remplacement de Shihâb ad-Dîn an-Naḥḥâs, conformément à l’accord passé entre eux. Un groupe de personnes assista à son enseignement. Ensuite, le sultan accomplit la prière du vendredi suivant dans la maqṣūra, accompagné de son vizir Ibn al-Khalîlî, qui était affaibli par la maladie.
Le dix-septième jour de Muḥarram, on ordonna que le roi al-Malik al-Kâmil, fils d’al-Malik as-Saʿîd, lui-même fils d’aṣ-Ṣâliḥ Ismâʿîl, fils d’al-ʿÂdil, reçoive le droit de tablkhâna et porte le charbouch. Il entra alors dans la citadelle et l’on fit résonner les kûsât (tambours) à sa porte. Puis, le sultan al-Malik al-ʿÂdil Kitbughâ quitta Damas avec les armées, au matin du mardi vingt-deuxième de Muḥarram. Après lui sortit le vizir, qui passa par Dâr al-Ḥadîth et visita la relique prophétique. Le shaykh Zayn ad-Dîn al-Fârqî vint à sa rencontre et lui parla de l’enseignement de la madrasa an-Nâṣiriyya. Zayn ad-Dîn renonça alors à la fonction de professeur à la Shâmiyya al-Barrâniyya, qui fut confiée au qadi Kamâl ad-Dîn Ibn ash-Sharîshî. On rapporta que le vizir offrit au shaykh quelques biens éphémères de ce monde, et que ce dernier les accepta. Il donna également une lettre au serviteur de la relique (c’est-à-dire al-Muʿîn). Les notables et les juges accompagnèrent le vizir pour lui faire leurs adieux.
Ce jour-là, une pluie bénéfique tomba, grâce à laquelle les gens espérèrent la guérison ; elle nettoya les traces des armées et la saleté. At-Taqî Tûba revint de son adieu au vizir avec la responsabilité de la trésorerie qui lui fut confiée, tandis que Shihâb ad-Dîn an-Naḥḥâs en fut destitué.
Le shaykh Nâṣir ad-Dîn donna ensuite un cours à la Nâṣiriyya al-Juwâniyya en remplacement du qadi Badr ad-Dîn Ibn Jamâʿa, le mercredi qui était le dernier jour du mois de Muḥarram. Ce même jour, les gens parlèrent entre eux d’un désordre parmi les armées et de conflits et troubles qui en résultaient. On ferma alors la porte de la citadelle donnant sur la ville, et aš-Ṣâḥib Shihâb ad-Dîn y entra par Bâb al-Khawkha. Le nâʾib et les émirs se préparèrent, et un groupe de soldats monta la garde à Bâb an-Naṣr. À l’heure de la prière de ʿAṣr, le sultan al-Malik al-ʿÂdil Kitbughâ arriva à la citadelle accompagné de cinq ou six de ses mamelouks, et, lorsqu’il y entra, les émirs vinrent à sa rencontre.