(1)
Le sultan fut servi et on joua avec lui à la balle sur le terrain. Les notables (ashrāf) se plaignirent de leur naqīb (chef) Zayn ad-Dīn ibn ʿAdnān. Alors le ministre (al-ṣāḥib) leva son autorité sur eux et confia leurs affaires au juge chaféite.
(2)
Le vendredi vingt-deuxième de Dhū al-Qaʿdah, le sultan al-Malik al-ʿĀdil Kitbughâ accomplit la prière dans l’enceinte du prêche. À sa droite se tenait le seigneur de Ḥamā, et à un rang inférieur se trouvait Badr al-Dīn, émir des armements. À sa gauche se trouvaient les fils d’al-Ḥarīrī : Ḥasan et ses frères, et plus bas le gouverneur (nāʾib) du royaume, Ḥusām al-Dīn Lājīn, à côté de qui se tenait le gouverneur de Damas, ʿIzz al-Dīn al-Ḥamawī; plus bas encore, Badr al-Dīn Baysarī, puis Qara Sunqur, et à son côté al-Ḥājj Bahādur, suivis d’autres hauts émirs. On revêtit le prédicateur (khaṭīb), Badr al-Dīn Ibn Jamāʿah, d’un somptueux habit d’honneur. Quand la prière fut achevée (3), il salua le sultan, et celui-ci se rendit pour visiter le Muṣḥaf ʿUthmānī. Le lendemain, samedi, le sultan joua à nouveau à la balle sur le terrain.
Le lundi, deuxième jour de Dhū al-Ḥijjah, l’émir ʿIzz al-Dīn al-Ḥamawī fut destitué de sa charge de gouverneur de Damas. Le sultan le réprimanda sévèrement pour divers actes, puis lui pardonna et l’autorisa à partir avec lui pour l’Égypte (4). Il désigna comme nouveau gouverneur de Damas l’émir Sayf al-Dīn Ghralū al-ʿAdilī, et offrit des robes d’honneur aussi bien au nouveau nommé qu’à celui qui venait d’être démis. Le sultan siégea ensuite à la Maison de la Justice (Dār al-ʿAdl), en présence du vizir, des juges et des émirs, et il se montra juste, conformément à son titre. [C’est également à cette date que la charge de vizir fut attribuée à Shihāb al-Dīn al-Ḥanafī, en remplacement de Taqī al-Bayʿ al-Takrītī, et Taqī al-Dīn Shihāb al-Dīn al-Jiddah fut investi à la place de son père. Tous deux reçurent des robes d’honneur.] (5)
Le sultan partit le douzième jour de Dhū al-Ḥijjah en direction des terres de Ḥalab (Alep), passa par Ḥarastā (6), séjourna quelques jours dans la steppe, puis revint s’installer à Ḥimṣ. Les gouverneurs des provinces vinrent le voir, et l’émir Ghralū, gouverneur de Damas (7), s’assit à la Maison de la Justice pour juger avec équité. Il était connu pour sa bonne conduite et sa justesse. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Parmi les personnes notables décédées cette année-là figure le shaykh Zayn al-Dīn Munajjā (8), imam, éminent érudit, muftī des musulmans et homme accompli, Zayn al-Dīn.