Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Le grand conseiller (« al-Ṣadr ») Jamâl al-Dîn Yûsuf ibn ‘Alî ibn Muhâjir al-Takrîtî, frère du haut dignitaire Taqî al-Dîn Tûba al-Takrîtî, exerça un temps la fonction de muḥtasib (contrôleur des marchés) à Damas. Il fut inhumé dans le tombeau de son frère au flanc de la montagne. Ses funérailles furent très suivies. Il jouissait d’une grande intelligence, d’humilité, d’une importante fortune et d’une noblesse de caractère. Il laissa derrière lui trois fils : Shams al-Dîn Muḥammad, ‘Alâ’ al-Dîn ‘Alî et Badr al-Dîn Ḥasan.

Puis arriva l’année 695 (de l’Hégire). Elle commença alors que le calife de l’époque, régnant par la volonté de Dieu, était Abû al-‘Abbâs Aḥmad al-‘Abbâsî, et que le sultan régnant du pays était le roi juste (Zayn al-Dîn) Kitbughâ. Son lieutenant en Égypte était l’émir Ḥusâm al-Dîn Lâjîn al-Salḥadâr al-Manṣûrî. Son vizir était Fakhr al-Dîn ibn al-Khalîlî. Les juges d’Égypte et de Syrie étaient ceux déjà mentionnés auparavant. Le lieutenant de la Syrie était ‘Izz al-Dîn al-Ḥamawî, et son vizir Taqî al-Dîn Tûba. Le « shâd » des dîwân (surveillant des administrations) était surnommé l’« A‘sar », et l’imam-prédicateur et juge de la ville était Ibn Jamâ‘ah.

Au mois de Muḥarram, la supervision des orphelins (naẓar al-aytâm) fut confiée à Burhân al-Dîn ibn Hilâl, qui remplaça Sharaf al-Dîn ibn al-Shîrjî. Dès le début de cette année, la famine et la mortalité en Égypte furent extrêmement graves, au point que la population y fut décimée, n’en laissant qu’un petit nombre de survivants.

(1) Notice biographique de Jamāl ad-Dīn al-Takrītī dans Tārīkh al-Islām (15/799), ad-Dalīl ash-Shāfī (2/804), Wafayāt (695) et an-Nujūm az-Zāhirah (8/188). L’expression « et son frère » présente une lacune, il faut restaurer avant le nom du frère la mention « Tobah ». (2) Sur « b » seule. (3) Dans « b » : « Et il lui laissa des fils », alors que dans certaines éditions : « trois fils ». Ici, cela n’a pas de portée syntaxique. (4) Dans « b » : « et Nūr ad-Dīn ». (5) Dans « ṭ » : al-Salḥadārī, corrompu. (6) Dans « b » : « et le vizir Fakhr ad-Dīn ». (7) Dans « b » : « ce sont ceux qui étaient dans le verset précédent ». (8) Dans « b » : « et le cadi al-quḍāt Badr ad-Dīn ibn Jamāʿah ». (9) Dans « b » : « aṣ-Ṣadr Najm ad-Dīn ibn Hilāl ».
الصدر جمال الدين (١) يوسف في علي بن مهاجر التّكريتي أخو الصاحب تَقيّ الدين تَوْبة التكريتي. [وكان قد] (٢) ولي حسبة دمشق في وقت ودفن بتربة أخيه بالسفح، وكانت جنازته حافلةً، وكان له عقل وافر وتواضع وثروة ومروءة، وخلف ثلاثة (٣) بنين: شمس الدين محمد، وعلاء الدين علي، وبدر الدين (٤) حسن. [ثم دخلت سنة خمس وتسعين وستمئة] استُهلَّتْ وخليفة الوقت الحاكم بأمر اللّه أبو العباس أحمد العباسي. وسلطان البلاد الملك العادل (زين الدين) كَتْبُغا. ونائبه بمصر الأمير حسام الدين لاجين السلحدار (٥) المنصوري. ووزيرة (٦) فخر الدين بن الخليلي. وقضاة مصر والشام هم المذكورون (٧) في التي قبلها. ونائب الشام عز الدين الحموي. ووزيره تقي الدين توبة. وشادُّ الدواوين الأَعْسَر. وخطيب البلد وقاضيها ابن جماعة (٨) . وفي المحرم وُلّي نظر الأيتام برهان الدين (٩) بن هلال عوضًا عن شرف الدين بن الشيرجي. وفي مستهل هذه السنة كان الغلاء والفناء بديار مصر شديدًا جدًّا، وقد تفانى الناس إلا القليل،
(١) ترجمة - جمال الدين التكريتي - في تاريخ الإسلام (١٥/ ٧٩٩) والدليل الشافي (٢/ ٨٠٤) وفيات ٦٩٥ والنجوم الزاهرة (٨/ ١٨٨) وفيه نقص لفظة (وأخو) فلتثبت قبل اسم أخيه توبة. (٢) عن ب وحدها. (٣) ب: وخلف له بنين، وفي أط: ثلاث بنين. وما هنا للسياق النحوي. (٤) ب: ونور الدين. (٥) ط: السلحداري، تحريف. (٦) ب: والوزير فخر الدين. (٧) ب: هم الذين كانوا في التي قبلها. (٨) ب: وقاضي القضاة بدر الدين بن جماعة. (٩) ب: الصدر نجم الدين بن هلال.

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