À la fin (1) de Ṣafar, la caravane syrienne arriva. Parmi ceux qui accomplirent le pèlerinage cette année figurait le cheikh Taqî al-Dîn Ibn Taymiyya – qu’Allah lui accorde Sa miséricorde –, et leur émir était al-Bâsitî. À Maʿān, ils furent frappés par un vent extrêmement violent qui causa la mort de plusieurs personnes, emporta les chameaux hors de leurs emplacements et fit voler les turbans des têtes, chacun s’affairant à se protéger. Durant cette période, un froid intense s’abattit sur Damas et endommagea fortement les récoltes, au point que dix (2) onces de blé se vendaient pour un seul dirham, et de nombreux animaux périrent. Au même moment, la région du Karak fut frappée par un tremblement de terre, et de nombreuses parties de Talfitā (3) s’effondrèrent.
Parmi les notables décédés cette année, on compte le cheikh al-Armawī (4), homme pieux, modèle et maître spirituel : Abū Isḥāq Ibrāhīm, fils du cheikh pieux Abū Muḥammad ʿAbd Allāh ibn Yūsuf (5) ibn Yūnas ibn Ibrāhīm ibn Sulaymān (6) al-Armawī, qui résidait dans sa zāwiya au pied du mont Qāsiʾūn. Il se distinguait par son adoration, sa vie de retraite, ses litanies et ses évocations. Il jouissait d’une grande estime auprès des gens. Il mourut au mois de Muḥarram et fut inhumé au pied de la montagne, auprès de son père.
Parmi ces disparus figure aussi Ibn al-Aʿmā, auteur de la « maqāma » : le cheikh Ẓahīr al-Dīn Muḥammad ibn al-Mubārak ibn Sālim ibn Abī al-Ghanāʾim ad-Dimashqī, connu sous le nom d’Ibn al-Aʿmā. Né en 610 de l’Hégire, il étudia le ḥadīth et fut un érudit accompli. Il composa des poèmes à la louange du Messager d’Allah (que la paix et la bénédiction soient sur lui), qu’il nomma « al-Shafʿiyya » (7), chacun étant constitué de vingt-deux vers. Al-Barzalī déclare : « Je l’ai entendu et il est l’auteur de la célèbre maqāma al-Mujarradiyya (8) (9). » Il mourut au mois de Muḥarram et fut enterré à aṣ-Ṣūfiyya (10).