Au début du mois de Muḥarram, le juge Ḥusām al-Dīn al-Rāzī al-Ḥanafī rendit un verdict établissant une participation conjointe entre les ʿAlawites et les Jaʿfarites dans la tannerie qu’ils se disputaient depuis deux siècles. Cette décision fut prononcée le mardi vingt-six Muḥarram à la Dār al-ʿAdl, sans l’approbation d’Ibn al-Khuwayy ni d’autres personnes. Le juge statua par ailleurs en faveur des al-ʿAnākiyyīn quant à la validité de leur filiation à Jaʿfar al-Ṭayyār.
Durant cette même année, al-Ashraf ordonna la démolition de la citadelle de Shawbak, qui fut alors détruite. Elle était pourtant l’une des forteresses les plus solides, les plus difficiles à conquérir et les plus utiles. Sa destruction eut lieu conformément à l’avis de ʿUtba al-ʿUqbī, qui ne conseilla ni le sultan ni les musulmans de manière avisée, sous prétexte qu’elle constituait un obstacle douloureux pour les Bédouins stationnés dans cette région.
Cette année-là également, le sultan envoya l’émir ʿAlam al-Dīn al-Duwaydārī auprès du souverain de Constantinople et auprès des fils de Barka, en leur faisant porter de nombreux présents. Toutefois, il ne put quitter le territoire avant que le sultan ne fût assassiné, si bien qu’il retourna à Damas.
Le dixième de Jumādā al-Ulā, le qāḍī Imām al-Dīn al-Qazwīnī dispensa un cours à la Ẓāhiriyya al-Barrāniyya, en présence des juges et des notables.
Le lundi vingt-deux Dhū al-Ḥijjah, le roi al-Ashraf organisa la cérémonie de purification (ṭahhira) de son frère, le roi al-Nāṣir Muḥammad, ainsi que de son neveu, le roi al-Muʿaẓẓam Muẓaffar al-Dīn Mūsā, fils d’al-Ṣāliḥ ʿAlī ibn al-Manṣūr. Une grande célébration fut mise sur pied, durant laquelle al-Ashraf maniant l’arc (qabaq), et de vastes réjouissances eurent lieu, telles un adieu à sa souveraineté en ce monde.
Au premier jour de Muḥarram, le shaykh Shams al-Dīn ibn Ghānim donna un cours à al-ʿAṣrūniyya. Puis, au début de Ṣafar, le shaykh Kamāl al-Dīn ibn al-Zamlakānī enseigna à al-Rawāḥiyya, en remplacement de Najm al-Dīn ibn Makkī à la suite de son départ pour Alep et de son désintérêt pour l’école mentionnée.