Puis arriva l’année 692 de l’Hégire dans l’ouvrage de Ẓahīr al-Dīn al-Kāzarūnī (1). En cette année, un feu apparut dans la région de la cité prophétique, semblable à celui qui s’était produit en 654 de l’Hégire avec les mêmes caractères. Toutefois, ce feu-ci projetait des flammes très élevées (3) : il brûlait la roche sans consumer les feuilles de palme et dura trois jours.
[Au commencement de cette année, le calife régnant appartenait à la dynastie abbasside, le sultan du pays était al-Malik al-Ashraf fils d’al-Manṣūr, son vice-roi en Égypte était Badr al-Dīn Baydarā, tandis qu’en Syrie officiait ʿIzz al-Dīn Aybak al-Ḥamawī. Les juges d’Égypte et de Syrie restaient les mêmes que dans l’année précédente, et le vizir était Shams al-Dīn Ibn al-Salʿūs] (4).
Au cours du mois de Jumādā al-Ākhira, al-Ashraf arriva à Damas. Il s’installa au palais al-Ablaq et au Mīdān al-Akhdar. Il leva les armées et se prépara à envahir le territoire de Sis. Dans cet intervalle (5), les émissaires du souverain de Sis se présentèrent pour négocier la paix. Les émirs (6) intercédèrent en leur faveur, si bien qu’ils livrèrent Bahasnā (7), Tall Ḥamdūn (8) et Marʿash (9), les plus vastes, les plus belles et les plus fortifiées de leurs villes, situées à l’entrée du Darband (10).
Ensuite, le sultan partit le deuxième jour de Rajab en direction de Salamiyya, avec l’essentiel de son armée, sous prétexte qu’il souhaitait capturer l’émir Ḥusām al-Dīn Lājīn. L’émir Muhannā ibn ʿĪsā l’accueillit. Lorsque la période d’hospitalité prit fin, Ḥusām al-Dīn Lājīn, qui se trouvait chez lui, fut arrêté, puis conduit et emprisonné dans la citadelle de Damas. Muhannā ibn ʿĪsā fut également appréhendé et destitué, au profit de Muḥammad ibn ʿAlī ibn Ḥudhayfa (11).
Alors, le sultan renvoya la majorité de l’armée vers l’Égypte avec son vice-roi Badr al-Dīn Baydarā et son vizir Ibn al-Salʿūs, tandis que lui-même demeura en compagnie de sa garde rapprochée avant de les rejoindre par la suite.