Lorsqu’ils se heurtaient aux sommets immuables des montagnes, celles-ci tremblaient… et ce qui était escarpé devenait un terrain plat sous les sabots de leurs chevaux. Et si leurs montures buvaient l’eau de l’Euphrate, on dirait alors : « Il y avait ici jadis un fleuve. »
Ils élevèrent autour de ce lieu une muraille, si bien qu’elle devint pareille à un anneau autour d’un doigt ou encore sous la ceinture que l’on noue à la taille. De leurs mains, ils y déversèrent des flots comme un nuage de mort, dont pas une seule goutte ne cesse de tomber. On aurait dit que les catapultes disposées alentour étaient des grondements de colère, faisant pleuvoir feu et rocher. Durant la nuit, les rocs s’élançaient comme pour accomplir une « prière de guerre » : la plupart en couples, et les plus imposants isolés. Quant aux sapeurs, ils en firent le tour, allant jusqu’à l’excès, et nul ne les en empêcha.
Alors, la place forte devint telle un amoureux qui dissimule sa passion par crainte des rivaux, tandis que dans son cœur brûlent des braises. Le feu y prit au point de la déchirer, révélant ce qui était caché et faisant tomber tout voile. Puis ils se réfugièrent sous l’ombre de ta clémence, mais tu ne répondis pas à leurs suppliques, d’autant que leur intention était entachée de ruse. Les Mongols, eux, n’étaient pas peinés de te voir ainsi absorbé quand ils s’enfuirent ; au contraire, ils en éprouvèrent de la satisfaction.
C’est alors que tu la soumis par l’épée, de force — ainsi furent toutes tes conquêtes passées : autant de victoires arrachées. Par la grâce de Dieu, elle est désormais une frontière indestructible : les nuits et les ennemis passent, tandis qu’elle conserve le visage de la victoire. Ô le plus noble des rois, tu viens de remporter une expédition dont tu as retiré la conquête, la renommée et la récompense ! Puisses-tu réjouir auprès de l’Élu (le Prophète) le fait que sous ta bienveillance, la victoire se poursui ve pour sa religion !
Réjouis-toi : tu as comblé à la fois le Messie et Ahmad, même si al-Ya‘fūr et l’incroyance en conçoivent du courroux. Pars où bon te semble, car la terre entière t’obéit et tous les pays te sont semblables à l’Égypte. Reste parmi nous et demeure longtemps en ce monde afin que la guidée s’épanouisse par toi, et que le temps présent, grâce à toi, surpasse tous les âges passés. De nombreux passages ont été retranchés de ce texte originel.