Jamal ad-Dîn ibn al-Bâjurbaqî (1) fut nommé à al-Fathiyya (2), tandis que Burhân ad-Dîn al-Iskandarî (3) reçut la fonction à al-Qawsiyya, située dans la mosquée. De son côté, le cheikh Najm ad-Dîn ad-Dimashqî obtint la charge à al-Sharîfiyya (4), près du quartier de Ḥārat al-Ghurabāʾ. Cette même année, on rendit al-Nāṣiriyya à al-Fāriqî (5). En outre, le juge Najm ad-Dîn ibn Ṣaṣrî (6) donna des cours à al-Amîniyya après Ibn az-Zamlakânî (7); par la suite, on lui retira al-ʿĀdiliyya aṣ-Ṣaghîra (8) au profit de Kamâl ad-Dîn ibn az-Zamlakânî.
[Parmi les personnalités décédées cette année-là figurait] Arghun (9) ibn Abghâ, roi des Tatars (10). C’était un homme résolu et brave, mais particulièrement sanguinaire. Il tua son oncle, le sultan Aḥmad ibn Hûlâkû, ce qui éleva grandement son prestige aux yeux des Mongols (11). Au cours de cette même année, il mourut après avoir bu une boisson empoisonnée. Les Mongols accusèrent alors les Juifs – sachant que son vizir, Saʿd ad-Dawla ibn aṣ-Ṣafî, était juif – puis ils en massacrèrent un grand nombre et pillèrent d’immenses sommes d’argent dans toutes les villes d’Irak. Ils se divisèrent ensuite sur la succession. Un groupe se rangea derrière Kikhatû et le plaça sur le trône, où il resta un temps – on dit un an ou moins – avant d’être tué. Ils intronisèrent ensuite Baydar (12). Lorsque la nouvelle de la mort d’Arghun parvint au roi al-Ashraf, qui assiégeait alors ʿAkkā, il s’en réjouit fort. Le règne d’Arghun avait duré huit ans. Certains historiens d’Irak l’ont toutefois décrit comme un souverain juste, doué d’un sens politique éclairé (13).