Il ne restait plus après cela de recours pour la mécréance :
(1) Elle fut détruite … sur mer
(2) et sur terre, rien ne pouvait sauver si ce n’est la fuite.
Ô mère des guerres
(3) Combien de discordes as-tu suscitées ? Un nouveau-né en eut les cheveux blanchis d’effroi sans pour autant atteindre l’âge mûr.
Ô jour d’Acre
(4) tu as fait oublier tout ce que recelaient jadis les conquêtes et ce qui avait été consigné dans les livres.
Les paroles n’atteignent pas le degré de reconnaissance à ton égard :
(5) qu’espérerait donc accomplir le poète et l’homme de lettres ?
Tu mis en colère les adorateurs du Christ en les livrant à Dieu : quel agrément y a-t-il dans cette colère ?
Le Choisi, le Guide annonciateur
(6) porta son regard sur ce qu’avait accompli de près le sultan, l’illustre al-Ashraf.
Sa vue s’apaisa à l’occasion de cette conquête, et
(7) la noble Ka‘ba, derrière ses voiles, se réjouit de son heureuse nouvelle.
Il parcourut la terre d’une manière dont j’ai entendu parler
(8) : la terre était en liesse, tandis que la mer était en tumulte.
Et ce poème est très long ; il existe, de lui et d’autres, nombre de vers sur la conquête d’Acre.
(9)
Quand le courrier revint, il annonça que le sultan
(10) — une fois rentré en Égypte — avait offert à son ministre Ibn as-Sil‘aous toutes les parures qu’il portait, ainsi que sa monture, pour qu’il la monte
(11) ; puis il lui octroya soixante-dix-huit mille (de la trésorerie de Damas) afin qu’il achète pour lui, sur les fonds publics, le village de Qarḥatâ.
(12)
Cette année-là, prit fin la reconstruction de la citadelle d’Alep, après les ravages
(13) qu’elle avait subis de la part de Hülegü et de ses hommes, en l’an 58.