Ils l’encerclèrent avec de nombreuses armées, puis arriva Ṣalāḥ al-Dīn (1) pour les en empêcher (2) durant trente-sept mois. Finalement, ils s’en emparèrent et tuèrent ceux qui s’y trouvaient parmi les musulmans, comme cela a déjà été relaté (3).
Ensuite, le sultan al-Malik al-Ashraf Khalīl ibn al-Manṣūr Qalāwūn quitta ‘Akkā (Acre) en direction de Damas avec tout l’apparat royal et un grand respect. Il était accompagné de son vizir Ibn al-Sal‘ūs (4) et des armées victorieuses. Ce même jour, il nomma comme son lieutenant en Syrie l’émir ‘Alam al-Dīn Sanjar al-Shujā‘ī, qui s’installa à Dār al-Sa‘āda. On augmenta son iqṭā‘ par la ville de Ḥarastā, laquelle n’avait pas été attribuée à d’autres, car elle servait initialement à financer les provisions de la citadelle. Il reçut en outre chaque jour trois cents (5) de Dār al-Ṭa‘ām et fut autorisé à puiser dans le trésor ce qu’il voulait sans consultation ni révision. Le sultan l’envoya alors à Ṣaydā (Sidon), car il y subsistait encore une tour rebelle (6). Il la prit, et la bonne nouvelle fut annoncée à ce sujet. Il revint rapidement auprès du sultan, le salua, puis le sultan poursuivit son voyage vers les terres égyptiennes à la fin du mois de Rajab (7). Il l’expédia ensuite à Bayrūt (Beyrouth) afin de la conquérir ; il s’y rendit et la conquit en un temps très bref (8).
En trois jours seulement, et une nouvelle fois l’annonce de la victoire retentit. ‘Athlīth (9), Anṭarṭūs (Tortose) et Jubayl (Byblos) se rendirent. Il ne subsista, louange à Dieu, aucune place forte franque sur les côtes, toutes étant tombées aux mains des musulmans, et Dieu libéra ainsi le pays et ses habitants de leur présence. Le sultan entra au Caire (10) le neuvième jour de Sha‘bān avec un faste immense, en un jour mémorable. Il délivra Badr al-Dīn Baysarī après sept ans de prison, [et lui rendit son iqṭā‘]. Par la suite, ‘Alam al-Dīn Sanjar al-Shujā‘ī, lieutenant de Damas, rentra à Damas le vingt-septième jour du mois (11) susmentionné, après avoir nettoyé totalement le littoral de la présence franque, ne leur laissant plus la moindre pierre. Le quatrième jour de Ramaḍān, il fut ordonné la libération de Ḥusām al-Dīn.