[Mention de la conquête d’Acre et des autres côtes]
En cette même année, le courrier(1) parvint à Damas au début de Rabiʿ al-Awwal afin de préparer les machines de siège pour Acre(2). On proclama alors à Damas : « Volontaires dans la voie de Dieu, à Acre ! » Or, à cette époque, les habitants d’Acre(3) se montrèrent hostiles envers les marchands musulmans présents chez eux : ils les tuèrent et s’emparèrent de leurs biens. Les catapultes(5) furent dès lors acheminées(4) du côté d’al-Jassoura, et la population volontaires(6) – y compris les juristes, les enseignants et les pieux – se mit en marche en les tirant sur des chariots. L’émir ʿAlam al-Dīn al-Dawaydārī(8) en assura l’escorte(7). Les troupes partirent alors, précédant le vice-roi de Syrie, qui les suivit en dernier, et il fut bientôt rejoint par le souverain de Ḥamā, al-Malik al-Muẓaffar(9). Des gens accoururent de tous côtés, puis l’armée de Tripoli se joignit à eux. Al-Ashraf quitta les terres d’Égypte avec ses armées en direction d’Acre, et ainsi les troupes y convergèrent.
Il assiégea la ville le jeudi 4 Rabiʿ al-Ākhir, et l’on déploya autour d’elle des catapultes dans tous les endroits possibles. Les assiégeants firent de leur mieux pour la bloquer et resserrer l’étau sur ses habitants. Dans le même temps, on se réunit dans les mosquées(12) pour la lecture du « Ṣaḥīḥ al-Bukhārī », récitée par le shaykh Sharaf al-Dīn al-Fazārī(13), en présence(14) des juges, des savants et des notables.
Cependant, durant le siège, survint un désordre provoqué par le vice-roi de Syrie(15), Ḥusām al-Dīn Lājīn : il s’imagina que le sultan voulait l’arrêter, car un émir, connu sous le nom de… l’en avait averti.