Il participa à la libération des captifs et à d’autres œuvres de bien. À sa mort, il légua trois cent mille (1) à répartir entre les troupes de Syrie et d’Égypte, si bien que chaque soldat reçut cinquante dirhams. Il mourut au mois de Dhu al-Hijja et fut inhumé dans son propre mausolée, au pied du Muqattam.
Le juge suprême (Qâḍî al-Qudât) Najm al-Dîn Abû al-‘Abbâs Aḥmad (2), fils de l’éminent shaykh Shams al-Dîn ‘Abd al-Waḥmân ibn Abî ‘Umar al-Maqdisî, rendit l’âme le douzième jour de Rajab (3). Une grande foule (4) assista à ses funérailles (5), au même titre que le vice-sultan ; il fut enterré à Qâsiyûn, à l’âge de quarante ans (6) exactement. Il était un homme érudit et éloquent, prêchant et enseignant dans de nombreuses écoles. Il était le maître des hanbalites et le fils de leur maître. Après sa mort, la fonction judiciaire fut confiée au shaykh Sharaf al-Dîn Ḥasan (7) ibn ‘Abd Allâh ibn Abî ‘Umar. Et Dieu sait mieux.
Puis vint l’an six cent quatre-vingt-dix de l’Hégire (8) ; cette année-là, Acre fut prise, comme le reste des côtes longtemps occupées par les Francs. Il ne leur resta plus la moindre pierre (9), louange et grâce à Dieu.
À l’aube de cette année, le calife en poste était al-Ḥâkim bi-Amr Allâh Abû al-‘Abbâs al-‘Abbâsî (10), et le souverain du royaume était le sultan al-Malik al-Ashraf Khalîl ibn al-Manṣûr Qalâwûn (11). Son lieutenant en Égypte et dans ses provinces était Badr al-Dîn Baydarâ, tandis que son vizir était Ibn al-Sil‘aws, à savoir al-Ṣâḥib Shams al-Dîn (12). Son représentant en Syrie était Ḥusâm al-Dîn Lâjîn al-Salḥadâr (13) al-Manṣûrî. Quant aux juges de Syrie, ils sont les mêmes que ceux mentionnés précédemment.