Il s’agissait d’un grand personnage, récemment décédé (vers soixante ans) après un règne de douze années. Il était beau d’apparence, imposant, doté de la splendeur du sultanat et de l’autorité royale, de haute stature et pourvu d’une belle barbe, d’une ambition élevée, courageux et digne. Qu’Allah lui fasse miséricorde.
Quant à l’émir Ḥusām al-Dīn Ṭurunṭāy, vice-sultan sous al-Manṣūr en Égypte, il fut arrêté par al-Ašraf qui l’emprisonna dans la Citadelle de la Montagne, puis le fit exécuter. Sa dépouille demeura huit jours sans que l’on sût ce qu’elle était devenue, avant d’être enveloppée dans une natte et jetée sur un tas d’ordures. Quelques personnes en furent affligées. Il fut alors enseveli comme un simple pauvre, après avoir pourtant joui de vastes richesses, d’un pouvoir considérable et d’une parole qui faisait autorité. Le sultan s’empara de six cent mille dinars et de soixante-dix quintaux d’argent égyptien parmi ses biens, ainsi que d’une grande quantité de joyaux, sans compter les chevaux, les mules, les chameaux, les ameublements, les tapis de grande qualité, les armes précieuses et d’autres richesses et propriétés en Égypte et au Šām. Il laissa derrière lui deux fils, dont l’un était aveugle. Ce dernier se rendit auprès d’al-Ašraf, posa un voile sur son visage en s’écriant : « Ayez pitié, au nom de Dieu », expliquant que certains jours, ils ne trouvaient rien à manger. Ému, al-Ašraf leur restitua quelques biens afin qu’ils puissent subsister de leurs revenus. Gloire à Dieu, qui dispose de Ses créatures comme Il l’entend : « Il élève qui Il veut et Il humilie qui Il veut ».
Enfin, le cheikh, l’imam érudit Rašīd al-Dīn ʿUmar ibn Ismāʿīl ibn Masʿūd al-Fāriqī aš-Šāfiʿī, fut enseignant à la Ẓāhiriyya.