Les gens furent astreints à de lourdes taxes, on réquisitionna leur bois et on le transporta à Damas (1) à grand frais et avec beaucoup de difficultés. Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.
[Mort du roi al-Manṣūr Qalāwūn]
Alors que la population était plongée dans ces soucis, ces confiscations et autres événements similaires, une dépêche parvint pour annoncer la mort du roi al-Manṣūr le samedi 6 Dhū al-Qa‘da de cette année, dans le camp (2) établi hors du Caire. On le transporta de nuit jusqu’à la Citadelle de la Montagne, puis son fils, le roi al-Ašraf Ḫalīl, s’assit sur le trône en tant qu’héritier : tous les émirs lui prêtèrent serment, on prêcha en son nom sur les chaires, et il chevaucha avec tout l’apparat de la royauté, tandis que les armées (3) l’accompagnaient à pied depuis la Citadelle de la Montagne jusqu’au « Champ Noir », qui est le marché aux chevaux. Quant aux émirs et aux commandants (4), ils reçurent des robes d’honneur, de même que les juges et les notables. Lorsque la nouvelle parvint en Syrie, les émirs lui prêtèrent aussi serment. Puis il fit arrêter (5) Ḥusām ad-Dīn Ṭurunṭāy, lieutenant de son père, et s’empara de fortes sommes d’argent qu’il distribua ensuite à l’armée (6).
Durant cette même année, Zayn ad-Dīn ‘Umar ibn Makī ibn al-Murraḥḥal (7) fut nommé à la fonction de khaṭīb (prédicateur) de Damas, en remplacement de Ǧamāl ad-Dīn ibn ‘Abd al-Kāfī (8), grâce à l’appui d’al-A‘sar. (Par ailleurs, la supervision de la Grande Mosquée revint au président Waǧīh ad-Dīn ibn al-Munǧā al-Ḥanbalī, en lieu et place de Nāṣir ad-Dīn ibn al-Maqdisī. Il fit fructifier et restaurer son waqf, l’augmentant de cent cinquante mille.)
Au cours de cette même année, la demeure du seigneur de Ḥamā fut ravagée par un incendie, un feu s’y étant déclaré pendant son absence et personne n’ayant osé y pénétrer. L’incendie dura deux jours (elle brûla entièrement) et tout ce qui s’y trouvait fut consumé.
En Šawwāl, après la charge occupée par Ibn al-Maqdisī, l’enseignement à la madrasa d’Oumm aṣ-Ṣāliḥ (9) revint au juge Imām ad-Dīn al-Qūnawī.